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Une planète bleue émerge du brouillard...

Rédigé par joloize - Publié par joloize – 15 décembre 2007 — 1 commentaire

Tout est relatif...



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En réalité, cette planète n’est pas encore bleue et ce n’est que beaucoup plus tard qu’elle sera nommée « Terre ». Formée par la condensation de la nébuleuse primitive qui se solidifie, elle sera très tôt accompagnée de la Lune dans son ballet autour du Soleil.

La naissance de notre planète remonte à 4 milliards et 550 millions d’années. Un chiffre qui reste un peu obscur pour nos consciences, vous l’admettrez volontiers. Disons que nous fixons la naissance de notre planète un premier janvier à zéro heure. Et nous sommes, maintenant, à l’heure où vous lisez ces lignes, le 31 décembre à minuit de son année d’existence.

En ce premier janvier, la formation de la Terre est avérée. Ce premier âge est nommé Précambrien, et, plus précisément, l’Hadéen. La croûte se solidifie, tandis que ce corps astral se refroidit. Les océans se forment dans une atmosphère pas franchement respirable.

Avec les toutes premières traces de vie, l’Hadéen laisse place à l’Archéen. Nous sommes le 26 février vers 3 ou 4 heures du matin, et nous sommes toujours au Précambrien. Il s’agit d’êtres unicellulaires, des sortes de bactéries très primitives, sans noyau, qui vont peu à peu se diversifier, s’organiser, se spécialiser. Le processus est lent, très lent. C’est que la tâche est ardue : il convient de meubler un peu cette cellule, mais on a pas encore les moyens de s’équiper. Tout est à créer à partir de rien. Les semaines passent de tentatives ratées en échecs lamentables, mais le savoir-faire lentement acquis, commence enfin à porter ses fruits.

Le 6 juin vers dix heures et quart, débarque (c’est une date prédisposée à ce genre de choses !) une cellule originale qui a enveloppé son matériel génétique d’une membrane. C’est le début du Protérozoïque (toujours durant le Précambrien). Les choses vont alors prendre rapidement une autre tournure. Une atmosphère commence à se constituer, probablement grâce à l’action des stromatolithes (sortes de cyanobactéries) que l’on peut considérer comme les premiers récifs. Déjà les premiers organismes multicellulaires apparaissent.

Le 16 juillet vers 13 heures, une autre originale décide de ne plus se déplacer. « Je me plante là, un point c’est tout ! » aurait-elle déclarée !... Sa copine poursuit sa route : « Reste, si tu veux, moi, je continue, je serai animal, et toc ! ». Il faudra encore bien des semaines pour constituer ici une plante rachitique et là, un animalcule à peu près digne de ce nom.

Le 5 novembre, peu après 20 heures, les premiers vers mous, les premières méduses voient le jour. La vie se diversifie tant et si bien que la nécessité de se protéger un peu, devient indispensable.

La grande révolution aura lieu lors du défilé de mode du 18 novembre, il se clôture à 12h30 précise sur un évènement qui aura un retentissement planétaire : le premier trilobite parade fièrement drapé d’une coquille qu’il a fabriqué lui-même !... « C’est la fin du Précambrien ! » proclame l’assemblée des êtres vivants. Une nouvelle ère s’annonce : le Paléozoïque dont le Cambrien sera la première étape.

Les formes de vie se diversifient formidablement, c’est une véritable explosion de la vie. Certains se dotent d’une sorte de colonne vertébrale (les chordés), d’autres de mâchoires, d’intestins, de pattes, et même des yeux !... Chaque individu veut se démarquer de son voisin alors on invente tout (et aussi n’importe quoi) : l’ère est à l’originalité coûte que coûte ! Crabes, homards, étoiles de mer, oursins, coraux, éponges... Il y a même un petit groupe de révolutionnaires discrets qui est sorti de l’eau, ils se sont fait appeler « les lichens » !

Seulement voilà, à trop faire son original, on finit par se casser la figure !... Un sérieux accident va marquer les esprits en ce 22 novembre vers 20h30 : plusieurs familles disparaissent de la planète. Une autre époque commence : l’Ordovicien.

Chaque famille survivante en profite pour se concentrer sur leurs objectifs respectifs. Il s’agit moins de faire preuve d’originalité que de consolider les acquis. Mais ce ne sera pas suffisant pour éviter la catastrophe planétaire du 26 novembre ! 9 heures viennent tout juste de sonner quand plus de 60% des espèces sont éradiquées de la planète. Malheureusement les chroniqueurs de l’époque font partie des disparus. Aucun témoignage fiable ne nous parviendra.

C’est ainsi, donc, que commence la période du Silurien. Cette période est faste pour les arthropodes qui peuplent les océans, ils partent même à la conquête des terres émergées. Les plantes se dotent de vaisseaux pour véhiculer la sève nutritive tandis que les poissons se parent d’écailles mobiles plus seyantes que les lourdes plaques osseuses.

Toujours est-il que la première ammonite apparaît le 28 novembre à 15 heures. C’est l’heure de passer au Dévonien. Les poissons à écailles prennent l’ascendant sur les cuirassés aquatiques. Mais, c’est sur la terre ferme que les principales nouveautés voient le jour. Les premiers tétrapodes terrestres se dégourdissent leurs nouvelles pattes dans de nouvelles forêts.

Les fougères rivalisent avec les arbres et ces derniers inventent les graines tout en se dotant de solides racines pour s’ancrer fermement au sol et y puiser leur pitance. La végétation devient luxuriante, les forêts s’étalent à perte de vue et il faut impérativement trouver le moyen de pousser le plus haut possible pour pouvoir étaler ses feuilles sous le soleil radieux.

Certains affirment d’ailleurs que le gigantisme de ces forêts est la cause de cette seconde catastrophe planétaire fatale à bien des espèces. En pompant une grande partie du gaz carbonique de l’atmosphère, l’équilibre de la planète en est gravement perturbé. Le 3 décembre, un peu avant 5 heures du matin, la nouvelle éclate au grand jour : désormais la période se nommera Carbonifère.

Les arbres prennent le pas sur les fougères en se dotant d’une écorce. L’atmosphère trouve un nouvel équilibre avec ce gaz qu’elle ne connaissait guère : l’oxygène. Même si elle regrette un peu la stabilité qu’elle avait connue grâce au gaz carbonique. La haute teneur en oxygène va favoriser de gigantesques incendies qui vont ravager les forêts et créer ainsi les premiers vrais dépôts de charbon dignes de ce nom.

Les pompiers interrogés à propos de cette situation alarmante, nous ont confié : « Nous ne pouvions rien faire à cette époque : nous n’avions pas encore été inventé ! ». Difficile de les en blâmer, n’est-ce pas ?

Par contre, ce qui amuse beaucoup la planète, ce sont ces nouvelles bestioles qui lui chatouillent le dos. Trop marrantes. Des serpents, des insectes, des amphibiens, les premières tortues, les premiers lézards... Il est temps de passer à la dernière période l’ère Paléozoïque. Le Permien est décrété en grande pompe en ce 8 décembre peu après minuit.

Peu de nouvelles choses durant cette période assez calme. Flore et faune profitent calmement du soleil. Le calme avant la tempête. Elle sera foudroyante et terriblement dévastatrice. 70% des espèces terrestres vont s’éteindre avec 95% des espèces aquatiques. C’est la plus meurtrière catastrophe de l’année. Et nous n’aurons pas un seul témoignage vraiment convaincant pour nous éclairer sur ses causes. Décidément il serait opportun de prendre quelques notes pour les générations futures.

Aussi, désormais, il est décidé que la planète gardera des traces plus lisibles. Le Mésozoïque, une nouvelle ère, entame ainsi sa carrière le 11 décembre à 20h45 par la période du Trias. Les survivants ont quelques peines à retrouver leurs marques. C’est le moment que choisissent les reptiles pour se développer et marquer leurs temps. Certains retourneront vivre en mer parmi les poissons. En bref, ils dominent assez nettement les débats et décident de prendre le nom générique de « Dinosaures », littéralement : les terribles lézards.

Nous sommes le 15 décembre et minuit va bientôt sonner au clocher de la nature. Les terribles lézards ont pris le pouvoir : le Jurassique est instauré. Au passage, on constatera qu’un accident sérieux s’est encore produit sans laisser de traces bien nettes. Des espèces ont encore disparues. Cela devient enrageant, vous ne trouvez pas ?!...

Que dire du Jurassique ? Bof, banal. On pousse, on croît, on se multiplie, on se diversifie (enfin, surtout les dinos, parce que les autres sont un peu aux abonnés absents !...). Rien de bien particulier à dire. Ah ! Si ! Le 19 décembre vers 23 heures, un dinosaure s’est envolé. Non, il n’est pas mort. Il a juste voleté çà et là. Pour rigoler, en fait ! Amusant, mais ça n’a aucun avenir !...

D’ailleurs le lendemain matin, à 8h45 on commence une nouvelle période : le Crétacé. Un animalcule insignifiant et tout à fait ridicule au milieu des majestueux dinosaures, pointe le bout de son museau le 23 décembre à 23h30. Vous allez rire, c’est le premier mammifère !

Une interview en date du 25 décembre au matin nous est parvenue. M. Tyrannosaurus rex nous raconte son réveillon : « me suis fait un bon gueuleton de mammifères, petits mais goûtus ! » dit-il en éclatant de rire, dévoilant ainsi deux rangées de sabres effilés...

Rira bien qui rira le dernier. En effet, il s’avère que ce 26 décembre à 18 heures 51 minutes et 12 secondes, nos fiers Dinos se ramassent en pleine poire un astéroïde sorti tout droit du vide intersidéral. Une sorte de souriceau tout malingre témoigne, en qualité de rescapé, de ce terrible holocauste : « Bien fait pour eux, ils avaient qu’à faire quelque chose pour faire dévier ce caillou. Mais je vais vous dire, moi. Les Dinos, c’est que de la gueule, rien dans la tête ! Va falloir que ça change, je vous le dis ! ».

Il est un fait désormais admis qu’un astéroïde aurait formé le Golfe du Mexique. Le séisme qui s’ensuivit dura des lustres et pourrait parfaitement expliquer en grande partie la disparition des terribles lézards.

Toujours est-il que l’extinction des dinosaures marque la fin d’une ère. Place à une nouvelle ère : le Cénozoïque ! Et la première période est le Paléogène. Les quelques jours qui nous restent pour achever l’année de notre échelle de temps sont si riches, qu’il convient de les détailler quelque peu. Aussi le Paléogène débute par une phase intéressante que l’on nomme le Paléocène.

Le super-continent que l’on nomme Pangée a commencé à se fissurer dès le Carbonifère (début décembre). Les continents que nous connaissons commencent à prendre leur forme définitive en ce 26 décembre. L’océan Atlantique vient tout juste de se former il y a deux jours à peine et continue de s’élargir peu à peu. L’Inde, qui s’est détaché de l’Afrique, est encore une île qui se déplace vers l’Asie.

La place laissée libre par les dinosaures est rapidement occupée par les mammifères qui se diversifient rapidement tout en restant encore de petite taille. L’heure n’est plus au gigantisme. Les premières graminées voient le jour pour la plus grande joie des allergiques et les arbres s’amusent à perdre leurs feuilles pour en faire de nouvelles. Pas très utile, mais les mammifères trouvent ça très drôle.

Une sombre histoire de gaz à effet de serre va provoquer une violente hausse des températures. Cette crise marque la fin du Paléocène et le début de l’Eocène. Nous sommes le 27 décembre peu après midi...

Vous vous souvenez de l’Inde qui a hissé sa grande voile et fonce dans les embruns ? Devinez quoi !... Ben oui, ces idiots ont foncé en plein dans l’Asie qui était sagement garée. Le choc fut terrible et il en reste encore une cicatrice toute fripée : la chaîne himalayenne.

Un curieux mammifère transforme ses pattes avant en mains. Le premier Primate est né, mais aura-t-il un avenir ? Rien ne permet alors d’en être certain. Les rongeurs et les ongulés, qui apparaissent aussi à ce moment-là, ont bien plus de capacités que ces originaux ! Quelques mammifères décident de rester dans l’eau plutôt que de se contenter de courtes baignades.

Cette période fait aussi la part belle aux oiseaux (en fait des dinosaures qui, au lieu de disparaître, ont préféré s’envoler...). La prochaine fois que vous croisez une poule, n’oubliez pas qu’il y a une part de Tyrannosaure dans ses gênes !...

Une météorite (encore !) va provoquer un accident regrettable marquant la fin de l’Eocène, le 29 décembre à 7 heures du matin. L’Oligocène entre en jeu et verra peu de bouleversements dans la faune et la flore. On voit cependant apparaître le premier requin tandis que, sur terre, les mammifères brouteurs sont omniprésents. Le climat se refroidit peu à peu et c’est sans grande catastrophe que s’achève ainsi le Paléogène pour la dernière époque du Cénozoïque : le Néogène.

Nous sommes donc le 30 décembre vers 3h40 du matin. Le Néogène commence ainsi par le Miocène qui ne verra pas beaucoup de choses nouvelles. La géographie du globe est très proche de ce que nous connaissons aujourd’hui. On peut juste noter que les deux Amériques sont encore bien séparées l’une de l’autre et que se forment les grands lacs africains.

La faune et la flore sont très proches aussi de ce que nous voyons maintenant. On pourra juste noter qu’un singe maladroit s’est cassé la figure de l’arbre qu’il escaladait. Vexé, il décide de rester au sol. Cela se passait à Toumaï. Un épiphénomène ?

Le temps passe, le temps passe. Nous voilà donc au 31 décembre quand le Pliocène entre en scène vers 13h45. Les continents continuent de se déplacer, il sont à moins de 250 km de leur position actuelle. Il fait de plus en plus froid et les glaces ont recouvert l’Antarctique. Les premiers vrais primates apparaissent à la fin de cette époque.

Car le Pléistocène est déjà en faction dès 20h30 pour remplacer le Pliocène qui fatigue. Quatre glaciations majeures vont marquer cette avant-dernière période. Dans l’ordre chronologique : Günz (autour de 22h), Mindel (23h), Riss (23h30 qui n’est pas vraiment considérée comme une "vraie" glaciation) et Würm (il y a 3 minutes à peine).

Les mammouths vont s’éteindre tandis que l’Homme s’affirme comme un animal singulier. Notez au passage que le Pléistocène se confond en grande partie avec le Paléolithique utilisé en archéologie.

Il est 23h58 et 11 secondes quand la dernière période montre le bout de son nez. Holocène, puisque c’est son nom, sort tout juste de la dernière période glaciaire. En toute logique la prochaine devrait arriver dans une heure environ. On a le temps, profitons un peu du réchauffement qui s’amorce enfin !...

Voilà pour les grandes étapes qui ont marqué notre année. Mais avant que le dernier des douze coups de minuit ne sonne, jetons un petit coup d’oeil sur la dernière minute. L’apparition de l’écriture marque la frontière entre Histoire et Préhistoire, c’est la dernière minute de l’année.

Le Christ est né il y a 14 secondes ! La fameuse bataille de Marignan, si réputée auprès de tous les écoliers, s’est produite il y a 3,5 secondes. La prise de la Bastille, il y a une seconde et demie. Les congés payés (1936) fêtent leur première demi-seconde et si vous êtes né en 1994, sachez que vous avez un dixième de seconde !...

Terminons en citant l’évènement majeur de 2007 : la création d’AquAgora, déjà vieux de 6 millièmes de secondes !... Champagne !...


Creative Commons License
Ce texte a été rédigé par Jean-Olivier LOIZE pour AquAgora et mis à disposition sous un contrat Creative Commons.

1 commentaire

  1. Le 2 janvier 2008 à 13:29, par Lucio

    En un mot:j’adore !

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