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Nomenclature, Systématique et Taxonomie

Rédigé par Bepi ! - Publié par Véronique – 8 décembre 2011

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Nomenclature - Systématique - Taxonomie

Introduction

Si la Nature se fonde sur l’erreur et le hasard pour parfaire son évolution, l’homme est plutôt rationnel, mais souvent il a ancré le rationnel dans des lois et des règles. Mais l’homme commet des erreurs intentionnelles ou non, et se heurte à ses lois et ses règles, la sanction est donc nécessaire.

Le médecin et botaniste suédois Carl von Linné (1707-1778) a créé en 1758 un concept rationnel : la nomenclature binaire pour tous les organismes vivants. Cela signifie qu’à chaque organisme vivant est attribué un nom binomial (double mot) de rang égal. Ainsi, il est possible de déterminer tous les organismes à condition que les règles si afférentes soient observées sur le plan international.

Pendant plus de 100 années, les savants ont travaillé sur une sorte de « droit coutumier » dans le sens de Linné. Ce n’est que bien plus tard, en 1905 qu’une commission de savants adapte et adopte le premier Code international de Nomenclature zoologique (ICNZ), celui-ci est régulièrement remis à jour.

Le Code international de nomenclature zoologique, le Code fait Loi

Ces règles sont évidemment aussi appliquées en Ichtyologie (Science des poissons) et ainsi à l’attribution et au traitement de nos poissons d’aquarium. En aquariophilie nous souffrons souvent de violence envers les règles de nomenclature. Les noms sont appris, mémorisés et fusent à travers nos lèvres et subitement ces noms changent, ou se modifient. Que s’est-il passé ? Soit un systématicien a modifié la classification de cette espèce, le nom de genre est différent et de plus la terminaison du nom d’espèce change également (masculin, féminin ou neutre), soit un nom d’espèce plus ancien et différent est découvert et la priorité s’applique.

Certains noms sont parfois imprononçables sans se tordre la langue comme pour Tahuantinsuyoa macantzatza (Cichlidae). Quelle signification ont tous ces noms ? Mais les aquariophiles ont tendance à utiliser des noms communs comme « Cœur saignant » ce qui peut prêter à confusion sur le plan international pour l’espèce Hyphessobrycon rubrostigma.

Par exemple Hyphessobrycon rubrostigma sans son nom binomial serait aussi appelé sous son nom vernaculaire dans une cacophonie de langues.

Il ne peut exister de doublon de nom d’espèce dans un même genre. Par contre, le même nom d’espèce peut apparaître plusieurs fois dans une famille. S’il est possible d’user des noms vernaculaires ou noms communs pour désigner provisoirement des taxa non déterminés, il convient ensuite de les identifier avec précision et pour cela d’utiliser le binôme latin spécifique connu qui seul permet d’éviter toute confusion ultérieure.

La taxonomie et la systématique sont issues de la nécessité pratique de nommer les êtres que l’on reconnaît comme différent des autres. La Taxonomie selon De Candolle ou Taxinomie selon Littré, est la science des lois de la classification des êtres vivants. Elle indique la procédure de leur description comparée, fournit les moyens de les identifier, et fixe les critères et les règles de classification. La systématique recherche les critères de relation entre les organismes afin d’établir un ordre dans leur diversité. La taxonomie est une discipline de synthèse en constante évolution. Le but ultime est de mettre au point une classification naturelle des espèces pour dégager les entités évolutives, en tenant compte des rapports existant entre elles et de leur degré de complexité. Des bouleversements interviennent périodiquement dans la dénomination et l’ordre des groupes taxonomiques ou taxon (pl. taxa).

La nomenclature

Depuis 1758, les animaux sont désignés par des noms latins ou des noms grecs latinisés suivis d’un ou plusieurs noms d’auteur pour conférer un caractère universel à la nomenclature des espèces. Les règles valables pour la nomenclature zoologique sont fixées dans l’« International Code of Zoological Nomenclature ».

Le texte obligatoire est rédigé en langues française et anglaise. Le premier est le nom générique (le genre), la première lettre est une lettre majuscule. Le second est le nom spécifique (l’espèce) dont la première lettre est obligatoirement une minuscule. Ces noms composés sont imprimés en italique dans le texte pour indiquer qu’il s’agit de mots latins. Le nom du premier auteur ayant décrit le taxon est mentionné. Les règles de nomenclature sont un moyen essentiel de la systématique et décrites par avance. Ainsi, un taxon scientifique se composant d’un nom unique est un genre ou un taxon de rang supérieur. S’il s’agit d’un nom binomial, c’est la combinaison du nom générique et du nom d’espèce ou plus rarement d’un trinôme (la combinaison du nom de sous-espèce). L’adjonction du sous-genre entre parenthèses n’est pas considérée comme un trinôme. Le nom de genre ne peut être utilisé qu’une seule fois dans le règne animal, ainsi chaque espèce peut être définie clairement et être intégrée dans le système zoologique.

Un travail scientifique dans lequel est publiée une première description d’espèce et/ou de genre d’une révision à divers niveaux dans le système doit satisfaire à diverses règles générales et déterminées. Ainsi, la publication devra être imprimée sur papier, en nombreux exemplaires identiques et accessibles à tous (dépôt légal). Les noms scientifiques doivent pouvoir être traités comme un mot latin. C’est aussi valable pour une combinaison de lettres arbitraires (un acronyme) ou la reprise de noms locaux.

Par exemple : asfraci (Tomocichla asfraci) pour association france cichlid ou Abudefduf nom local d’origine arabe pour les Sergents-major des Caraïbes, de Mer Rouge ou de l’Océan indien.

Tomocichla asfraci une espèce de cichlidé en l’honneur de l’Association France cichlid

L’utilisation des signes diacritiques (à, â, é, è, ê, ë, î, ï, ù, û, ü, ÿ, œ, æ, ç,) est interdite. Par exemple pour une espèce dédiée à Günther le nom doit être modifié en guentheri pour satisfaire à la règle de l’INCZ. Bösseman s’écrira boesemani. Pour les noms locaux géographiques, l’origine latine devra être recherché par exemple Strasbourg s’écrira argentoratum avec la désinence …ensis, …ense, pour indiquer qu’il s’agit d’un lieu géographique.

Melanotaenia bosemani , le nom d’espèce a été adapté selon les règles de la nomenclature zoologique.

Bien que des noms scientifiques soient repris en grec ancien, ils doivent être traités selon les règles de la langue latine. Tout cela signifie que les noms scientifiques doivent être écrits avec des lettres latines. D’autres signes graphiques (Chinois, Cyrillique etc.) ne sont pas permis. Les travaux qui ne correspondent pas à ces règles générales sont scientifiquement non valables et sont considérés comme inexistants. Est considéré comme auteur d’un nom scientifique valable, la personne qui la première a publié un travail dans les conditions des règles établies. Le changement de rang d’un taxon à l’intérieur d’une famille, d’un genre ou d’une espèce par un autre auteur est sans influence sur l’indication de l’auteur nominal du taxon. L’écriture originale d’un taxon est toujours à considérer comme correcte. Une émendation justifiée (le changement ou modification de l’écriture) n’est permis qu’à l’auteur original. Seules les fautes d’impression évidentes, l’adaptation du suffixe d’un nom d’espèce s’il s’agit d’un adjectif et en cas de changement de genre ne sont pas des émendations illégales. Ce sont des mesures correspondantes aux règles.

Règles du nom de genre

En science, la latinisation du nom de genre est genus. Celui-ci est du genre féminin bien que sa terminaison en us soit masculin. Ceci a une forte influence notamment sur les noms de genre dédicatoire qui sont de préférence latinisés au féminin. Et se termine par ia ou a. Exemples : Trewavasia, Guentheria, Boulengerella. Le nom de genre latinisé doit toujours être un substantif au nominatif singulier ou traité comme tel. Qu’il s’agit d’un homme ou d’une femme. La terminaison …ella et une forme latine affective, elle ne s’utilise pas uniquement pour le noms dédicataires comme par exemple Pimelodella de Pimelodus (le gros, gras) et ella forme affective (p’tit gros) ou Anchovella une petite sardine d’eau douce d’Amérique du Sud. Le nom dédicataire peut aussi être composé comme Boulengerochromis en l’honneur de G. A. Boulenger et Chromis. ou Brittanichthys en l’honneur de R. Brittan et ichthys poisson. Heureusement tous les noms de genre ne sont pas des noms dédicataires mais le plus souvent composés de caractères définissant le genre. Exemples : Pholidichthys de pholis = tuyau et ichthys, Pomacanthus de poma = opercule et acantha = épine, Phenacogrammus de phenakos = trompeur et gramma = ligne. Le genre pourra être masculin, féminin ou neutre. Anableps = ana (dessus) et blepo (regarder, voir) est masculin, Pterois de pteron (avec des nageoires) est féminin, Aphyosemion = aphye (petit poisson) et semeion (signal-drapeau) est neutre.

La plus part des noms de genre se rapporte à des caractères anatomiques, morphologiques, rarement de robe. Exemples : pour le corps soma ou somus Cichlasoma = Cichla et soma (corps), cichlidé à corps de Cichla, pour la tête = cephalus ou kephale (gr) Phractocephalus = phraktos (protégé, blindé) et kephale (gr) donc tête blindée. Pour la bouche nous aurons souvent stoma ou stomus ainsi Nannostomus = nannos (nain) et stomus à petite bouche. Pour les lèvres ce sera cheilos, labea, labrum dans des noms de genres tels que Chilodus, (Lèvres avec des dents) Labeo, Crenilabrus (lèvres fendues). Pour l’œil (yeux) nous aurons ophthalmus, ops ou opsis, dans les deux derniers cas il peut aussi s’agir de la face ou de l’apparence. Exemple :Ophthalmotilapia = ophthamus et Tilapia cichlidé avec de grands yeux, Periophthalmus = autour de l’œil. Le terme utilisé pour la nageoire est pterus comme chez Ptereleotris = pteron et Eleotris.

Le nom de genre Pomacantus se compose de Poma= (joue =opercule) et acanthus = épine. Ici la robe psychédélique d’un juvénile de P. imperator.

En ce qui concerne l’attribution des caractères de couleur de la robe pour un nom de genre, ceux-ci peuvent être très variables à l’intérieur d’un genre, d’autre part ces caractères peuvent disparaître au cours de la conservation après la description. Seuls des caractères fortement marqués comme les bandes et les barres sombres sont parfois retenues comme Taeniacara = tænia (bande), Xenotaenia, Taenionotus. Certains caractères utilisés ne sont pas toujours visibles des aquariophiles car ils sont cachés. La denture est souvent retenue car elle peut être un caractère réunissant un groupe d’espèces ou être un caractère discriminant entre genres. Le terme odon ou odous est souvent utilisé, plus rarement odus.

Exemples : Odontostilbe de odous (génitif odontos) = dents et stilbe = lumineux (poissons aux dents lumineuses) ; Symphysodon = avec des dents sur la symphyse. ; ou Symphodus = Labre avec des dents soudées en bande. Mais…par exemple …odus dans Macropodus donnerait macrops = grands yeux et dent et pourrait nous mettre sur une mauvaise voie car dans ce cas il s’agit de macro et podus = avec de grands pieds, ce qui est le cas pour le Macropode.

Parfois le nom de genre est formé d’un nom local issu d’une langue ou d’un dialecte et ne sont pas latinisés Exemples : Cualac, Laubuca, Chella, Myaka, Bagrus, Danio etc. Certains auteurs comme Hamilton-Buchanan, Day et Forskal ont intensément utilisé ces noms, il est souvent nécessaire de recourir à la description d’origine pour connaître leur signification. L’utilisation de ce genre de nom est permise même sous leur dénomination originale, mais peut aussi être latinisée.

L’acronyme, un nom de genre composé de lettres ou de débuts de mots, est également autorisé. Par exemple Inpaichthys est constitué de in = Instituto, na = Nacionale, p. = Pescisos, a = Amazonica et Ichthys = poisson, donc un poisson dédié à l’Institut national des poissons amazoniens (Brésil). Mais un nom doit toujours être composé de plus de deux lettres. Comme nous l’avons déjà signalé plus haut, le nom de genre est à utiliser en tant que substantif au nominatif singulier et peut être masculin, féminin ou neutre. Il faut donc lui attribuer une terminaison déterminant le sens grammatical. Voici les règles de base, mais comme dans toutes règles il y a des exceptions. Masculin (M) : -us, -or, -o, -is Féminin (F) -a, -ix Neutre (N) : -um, on

Mais l’on ne peut pas toujours faire confiance aux terminaisons -us, -a, -is, -on ; un -us étendu pourra être féminin tout comme le -is ; le -a pourra être neutre ou masculin et -on pourra être masculin. Ainsi les genres avec les terminaisons suivantes seront : Masculin pour -odon, -nauta, Féminin pour -fraus, -domus, -acus, -laus, -colus Neutre pour : -soma, stoma, -poma, -stigma, -doma Exemples : Anostomus (M) , Coris (M), Echeneis (F), Pergavor (M), Pterophyllum (N), Cichlasoma (N), Clupsidus (N), Chaetodon (M) Drepane (N), Dorosoma (N), Oxygaster (F), Furmastix (F),.etc.

Un nom de genre ne doit être attribué qu’une seule fois dans le Règne animal. Ainsi, un insecte ne doit pas porter le même nom de genre qu’un poisson. Un genre non valide ne peut pas non plus être réutilisé. Lorsqu’une espèce a été décrite plusieurs fois, il est recommandé de toujours indiquer le genre d’origine de la description.

Ce cichlidé, Vieja maculicauda, avait une nomenclature et une systématique tourmentées.

Exemples : Vieja maculicauda (Regan, 1905) Description d’origine : Cichlosoma maculicauda Regan, 1905 le o de Cichlosoma est une émendation injustifiée de la part de Regan. Synonymes : Astatheros maculicauda (Regan, 1905) Cichlasoma maculicauda (Regan, 1905) Heros maculicauda (Regan, 1905) Cichlasoma nigritum Meek, 1907 Cichlasoma globosum Miller, 1907 Astatheros globosum (Miller, 1907) Chuco globosum (Miller, 1907) Cichlasoma manama (Miller, 1907) Vieja panamensis Fernandez-Perez, 1969

En 1986, Allgayer a remarqué que Vieja panamensis, lors d’une révision en réhabilitation du genre Vieja, et l’espèce type de Vieja était identique à Cichlosoma maculicauda.

Lorsque deux genres existent dans le Règne animal -donc des homonymes- le plus jeune devra être renommé (nom de remplacement), celui-ci étant un nom nouveau (nomen novum) Exemple :En 1933, dans une révision sur les Pomacanthinae (sous-famille des Poissons-anges)), Fraser-Brunner a utilisé le nom de Heteropyge pour un genre nouveau. Mais ce nom était déjà utilisé pour un myriapode. En 1934, Fraser-Brunner a donc publié un nom nouveau Euxiphipops en remplacement de Heteropyge

Pomacanthus xanthometopon a été l’espèce type de Heteropyge genre préoccupé puis de Euxiphipops le nom nouveau, mais ce dernier est actuellement considéré comme synonyme de Pomacanthus.

Règle du nom d’espèce

En science et la latinisation du nom d’espèce est species. A la différence du nom de genre qui ne peut être utilisé qu’une seule fois dans le Règne animale, le nom d’une espèce peut être repris sans limite. Toutefois, il ne peut être utilisé qu’une seule fois dans un genre. Cela se comprend, car autrement deux espèces différentes ne peuvent pas être dissociées à l’intérieur du genre. En outre, la forme d’écriture devrait différencier les diverses espèces d’un genre. Exemple de ce qui ne devrait pas se faire Neolamprologus leleupi et Neolamprologus leloupi. Ces deux espèces de cichlidés bien connues du lac Tanganyika sont actuellement dans le même genre. Pour un nom d’espèce est utilisé un l’adjectif ou un substantif. Lors de l’utilisation d’un adjectif, il convient de faire attention à la terminaison du nom d’espèce qui s’accorde au genre (masculin, féminin, ou neutre).

Masculin Féminin Neutre
punctatuspunctatapunctatum
mentalismentalismentale
margaritifer margaritifera margaritiferum
iridescens iridescens iridescens
labrax labrax labrax
melas melas melas

Exemples : fasciatus

Leiognathus fasciatus (M), Clupea fasciata, Characidium fasciatum

Comment ne pourrait-il ne pas y avoir des exceptions dans cette règle de base. Ainsi, nous avons les formes croissantes des adjectifs (comparative et superlative) donnant les déclinaisons suivantes :

MasculinFémininNeutre
spinosusspinosaspinosum

Initial

humilishumilishumilis
elegans elegans elegans
Comparatif
spinosior spinosior spinosior
humilior humilior humilior
elegantior elegantior elegantior
Superlatif
spinosissimus spinosissima spinosissimum
humilissimus humilissima humilissimum
elegantissimus elegantissima elegantissimum

On s’aperçoit que la terminaison au masculin de la forme initiale (-us) est similaire au neutre de celle de la forme comparatif (-ius). Comme il existe aussi des terminaisons d’adjectif au masculin de la forme initial en -ius, il y a souvent des erreurs. C’est pourquoi lors d’une description, en utilisant un adjectif au comparatif il importe d’indiquer les trois formes de terminaison.

Exemples de mots totalement différents dans la croissance aux comparatif et superlatif. Parvus = petit

Initial : parvus, parva, parvum

Comparatif : minor, minor, minus

Superlatif : minimus, minima, minimum

Magnus = grand

Initial : magnus, magna, magnum

Comparatif : maior, maior, maius

Superlatif : maximus, maxima, maximum.

L’adjectivisation des lieux géographiques consiste à ajouter les terminaisons -ensis (m), -ensis(f) -ense (n) au substantif par exemple Managua (capitale du Nicaragua) pour Parachromis managuensis (m), Cichlasoma managuense (n). Mais ce n’est pas une règle par exemple pour l’Afrique : afer, afra, afrum ou africanus, Java = javanicus, Tanganyika = tanganicanus, gangenis = du Gange, gabonicus = du Gabon etc.

La nomenclature des adjectifs utilisés n’est déjà pas simple, en plus, les noms d’espèce peuvent être au substantif en apposition ou des noms en apposition. Les substantifs des noms d’espèce sont au nominatif singulier, au génitif singulier (dédicataire ou géographique) et dans certains cas au génitif pluriel. En apposition, il s’agit de substantif dont la terminaison latine leur est propre (non modifiable) et ne s’accorde pas au masculin, féminin et neutre caractérisant le genre auquel il est accolé. La terminaison de ces mots ne changent jamais.

Exemples : synspilus est un substantif (avec des taches soudées) Vieja synspilus, ici le genre Vieja est féminin et synspilus ne s’accorde pas, synspila au féminin et synspilum au neutre seraient faux.

Quelques exemples de substantif, amazonus (originaire de l’Amazone), amazonarum au génitif pluriel (en honneur d’une peuplade guerrières féminines de la mythologie grecque). Alors que amazonicus est un adjectif. ; gloriamaris est un substantif au génitif singulier = (gloire à la mer), margaritae (avec des perles) sanctafilomenae au génitif singulier = de Sancta Filomenae (Brésil), tanganicae pour Tanganyika substantif au génitif singulier. Cela devient encore plus confus avec l’utilisation des substantifs grecs auxquels sont ajoutées les terminaisons latinisées ;

Exemples

Forme grecque forme latine signification française
akanthaacanthusépine
cheiloscheilus, chiluslèvre
lepis lepis écaille
nektes nectes nageur
odous, odontos, odus, odontus dent
oura urus queue
phallos phallus sexe mâle
poma poma opercule
pous, podos pus, podus pied (nageoire ventrale)
ptéron, pterix pterygion pterus aile (nageoire)
rhis, rhinos rhinus nez
rhynchos rhynchus trompe
spilos spilus tache
stoma stoma bouche
thrix, trichos trichus poil

Mais l’utilisation de la forme originale grecque est autorisée. Il existe dans certaines descriptions d’origine des déviances. Pour être sûr que la forme d’écriture est correcte, il convient de se reporter à la description d’origine. La forme d’écriture qui y est utilisée est à conserver.

La reprise du nom local de l’espèce peut être laissée dans sa forme originale ou latinisée. Exemples : Joanna (local), johanna est latinisé. Jurupari (local-Amérique du Sud), kiwinge (local Malawi), lalia (local de Lal kholisha, Assam), fahaka (local nom arabe pour le tetrodon du Nil).

Nom d’espèce au génitif

Les noms d’espèce au génitif sont principalement utilisés pour rendre honneur à des personnes. A l’origine le nom était d’abord transféré en latin dans sa forme nominatif, puis est formé le génitif. Exemples : Agassiz = agassizius = agassizii ; Borelli = borellius = borellii ; Moore = moorius = moorii. Pour tous ces exemples il s’agissait d’hommes. Ceci se reflète dans la terminaison -us ou -ius du nominatif ou la terminaison i ou ii du génitif. Entre temps cette forme de terminaison due au nominatif a été quelque peu modifiée et seul l’adjonction d’un simple i est retenue et ajouté au génitif du nom dédicatoire. Exemples : nourissati, werneri, brichardi. Les noms de description se terminant par deux i (-ii) ne doivent pas être altérés par une amputation d’un i. et doivent être repris dans leur forme originale.

Lorsqu’il s’agit d’un nom de femme, la terminaison -ae est ajoutée au nom ou au prénom au génitif. (masc. ou fém.) Exemples : ethelwynnae ou trewavasae en l’honneur de Ethelwynn Trewavas. Mais le prénom et le nom peuvent aussi être associés sans espace et sans tiret. Exemples : haraldschulzi ou joanjohnsonae. Ce principe peut également être utilisé pour les noms de lieux (géographiques) comme pour guyanae (Guyana), hondae (Ville de Honda en Colombie), teapae (Rio Teapa, Mexique), maronii pour le Rio Maroni.(Guyane). Lorsque le nom d’espèce est dédié à plusieurs hommes ayant le même nom, la terminaison est -orum. Exemples : Oreochromis hornorum en l’honneur de Albin et Adof Horn ou Amphilophus hogaboomorum pour G. et P. Hogaboom ici est utilisé le génitif au pluriel (masc. ou fém.) comme pour les femmes (-arum) nous l’avions vu plus haut pour amazonarum, Cela devient encore un peu plus vicieux lorsque le nom dédicataire est utilisé comme adjectif comme lebretonis ou laysanius.

Le nom dédicataire comme substantif en apposition n’est pas modifié et reste tel quel. Exemple Genicanthus lamarck (qui ne connaît pas Lamarck), Apistogramma atahualpa (le dernier roi Inca garrotté par les Espagnols).

Le nom d’espèce de Genicanthus lamarck est un nom dédicataire en apposition et ne prend pas de i à la fin.

Le nom scientifique repose sur un exemplaire fixé et représentant l’étalon de l’espèce appelé holotype. L’holotype est souvent accompagné d’autres spécimens, complétant la description appelés le ou les paratypes. A côté de ces noms nous avons encore les syntypes, les lectotypes, les paralectotypes les néotypes etc. mais qui n’ont pas une grande importance pour les aquariophiles, mais sont essentiels pour les scientifiques. La fixation d’un nom sur un holotype est très importante. Ainsi si le nouveau nom se rapporte à un holotype mais si celui-ci est identique à un holotype d’une espèce déjà décrite au préalable celui-ci devient un synonyme. Mais éventuellement parmi les paratypes peut se trouver un spécimen qui pourrait être une espèce nouvelle. Il est donc possible de retirer ce paratype et le désigner comme l’holotype d’une espèce nouvelle, mais l’ancien nom d’espèce ne doit pas être réutilisé dans le genre, il faudra lui donner un nouveau nom d’espèce. Par contre s’il s’avère que l’espèce pourrait être classée dans un autre genre, dans ce cas l’ancien nom d’espèce pourrait être réutilisé.

Dans les descriptions scientifiques, il arrive souvent que des espèces soient décrites sous des noms et des époques différentes. Il arrive donc souvent que dans un premier temps l’espèce soit connue par la dernière dénomination en aquariophilie et que ce nom s’y impose. Puis quelqu’un découvre que cette espèce a déjà été décrite auparavant. D’après la règle de priorité, le nom si bien appris est devenu invalide, car en synonymie. Le nouveau nom devra être appris et devra s’imposer dans la littérature. Tout ceci est peu réjouissant, parfois sévère, mais nécessaire pour la clarté scientifique.

Pelvicachromis pulcher notre bon vieux « Kribensis ».

Exemple : Pelmatochromis kribensis, décrit par Boulenger en 1911, est un taxon qui pendant des décennies a été utilisé en aquariophilie. Puis Thys van den Audenarden a mené une révision des Pelmatochromis et créa le genre Pelvicachromis en 1968. Lors des examens des spécimens pour cette révision il remarqua que Pelmatochromis kribensis est identique avec une espèce que Boulenger lui-même avait déjà décrit en 1901 sous Pelmatochromis pulcher. Il mis donc Pelmatochromis kribensis en synonymie avec Pelvicachromis pulcher. Quarante années plus tard on trouve toujours encore kribensis dans quelques magasins et certaines stock-listes sur Internet…

Les erreurs d’identification sont courantes et conduisent encore à une plus grande confusion que les synonymes. Exemple : Dans les années 1970 est apparue une espèce de cichlidé bleu du lac Malawi qui fut tout d’abord vendu sous le nom de « Haplochromis jacksoni » sur les stock-listes des exportateurs. Puis au début des années 1980, l’espèce était vendue sous Haplochromis ahli ou Cyrtocara ahli, une espèce décrite par Trewavas en 1935 jusqu’à ce que Konnings la décrive comme espèce nouvelle sous Sciaenochromis fryeri en 1993. Sciaenochromis ahli était une autre espèce beaucoup moins éclatante.

Sciaenochromis fryeri ( en haut) a été confondu pendant près de 40 années avec S. ahli ( en dessous) sous plusieurs noms différents

Terminaisons des taxa supérieurs

Elle permet de reconnaître immédiatement, avec un peu d’habitude, de quel niveau (rang) de classification il s’agit. Cette terminaison est constante à partir de l’ordre en rang descendant : Ordre : …formes (Perciformes) Sous -ordre : …oidei (Labroidei) Famille : …dae (Cichlidae) Sous-famille : …nae (Pseudocrenilabrinae) Tribu : …ini (Haplochromini) Sous-tribu : …mae (Pseudotropheimae (pour exemple)

Les terminaisons pourrons variées pour les taxa de rang supérieurs selon que la classification est de type linnéenne ou phylogénétique. Mais nous y reviendrons.

Particularités Le nom du descripteur est suivi d’une virgule puis l’année de publication et entre parenthèses si l’espèce a fait l’objet d’une révision. Affinis = aff. espèce affine (proche) ; confère = cf. (à comparer avec) et sp. = espèce indéterminée ne sont jamais en italique entre le genre et l’espèce. Exemples : Aulonocara aff. nyassae Regan, 1921 ; Aulonocara cf. nyassae Regan, 1921 ; Vieja maculicauda (Regan, 1905)

Systématique, taxonomie, classification Le début Après cette première partie assez lourde pour vous expliquer (trop) sommairement la nomenclature, la systématique est beaucoup plus subtile car gangrenée par la subjectivité, ce qui n’est pas le cas pour la nomenclature qui est foncièrement objective et bien cadrée. De tout temps, l’homme a classé et classe toujours… Les peintures rupestres et les sculptures témoignent de l’importance vitale des animaux dans la vie de l’homme dans la Préhistoire. La Zoologie dans les temps reculés était associée à l’art, le mythe ou les légendes. Mais déjà, elle découlait de l’observation et des habitudes des animaux.

Aristote de Stagire 384-322 avant JC. Il passe cinq années sur l’île de Lesbos où il se consacre en grande partie à l’étude de la biologie et plus particulièrement des animaux.

Les premiers écrits remontent à Aristote de Stagire (384-322 avant JC) qui dans son « Histoire des Animaux » jette les bases d’une première classification. Après une longue période d’obscurantisme dû aux pressions religieuses et philosophiques, Conrad Gesner (1516-1565) dans son « Historia animalium » compila les travaux de Rondelet et Salviani, y ajouta les siens et classa le tout par ordre alphabétique. Cet ouvrage contenait également des espèces imaginaires fruits de légendes populaires.

Linné Carl von Linné, père de la nomenclature binomiale (statue de cire dans la Galerie Tussaud à Londres).

Période linnéenne Le suédois Linné mit sur pied les bases de la systématique « moderne » Les voyages organisés par les grandes puissances de l’époque rapportaient une grande quantité de matériel qui était décrit dans divers pays sous des noms différents. La situation devint rapidement chaotique. Dans son œuvre, « Systema naturae », Linné fixe les règles d’un concept précis, les déterminations, les regroupements d’ordres supérieurs ainsi que la nomenclature binaire. Si dans le fond le concept de Linnée était « génial », au détail, il s’avéra qu’il était insuffisant, basé sur des observations externes ou des convergences superficielles.

Parmi les nombreuses espèces aquatiques , quelques unes étaient fantastiques telle le poisson volant monstrueux ou la Raie excitée.

Georges Cuvier (1769-1832) célèbre naturaliste, qu’on a nommé l’Aristote du XIXe siècle, né en 1769 à Montbéliard, d’une famille protestante, mort à Paris en 1832. Après avoir étudié au collège de Montbéliard, puis à l’Académie Caroline de Stuttgart, où il acquit la connaissance de la langue et de la littérature allemandes, il fut chargé d’une éducation en Normandie. Tout en remplissant les devoirs de sa profession, il se livrait à l’étude de l’histoire naturelle. Ses talents ayant été appréciés par Tessier, savant agronome, qui eut occasion de le voir dans sa retraite, il fut appelé à Paris en 1795, se fit bientôt remarquer, soit par ses cours, soit par ses écrits, et fut nommé successivement professeur d’histoire naturelle aux écoles centrales, suppléant de la chaire d’anatomie comparée au Muséum, professeur au Collège de France, membre de l’Institut (1796), puis secrétaire perpétuel de la section des sciences (1803). Il fut en outre admis peu après à l’Académie française. Plus tard, il devint inspecteur des études, conseiller et chancelier de l’Université (1808), et remplit plusieurs fois les fonctions de grand maître : il profita de cette position pour favoriser l’enseignement de l’histoire et des sciences. Nommé en 1814 conseiller d’État, puis président du comité de l’intérieur, il se signala dans cette nouvelle carrière par une haute capacité, mais il se montra trop complaisant pour le pouvoir, et consentit à se charger de soutenir à la tribune des mesures impopulaires. Il fut élevé à la pairie en 1831. Entre autres, Il rédigea avec Achilles Valenciennes la célèbre « Histoire naturelle des poissons » jusqu’en 1832 année de sa mort et que Valenciennes poursuivra.

Georges Cuvier (1769-1832) était le premier à s’intéresser aux structures internes des animaux en créant l’Anatomie comparée. Paléontologue, il ne pouvait pas, ne pas s’être aperçu de la succession des espèces dans le temps et paradoxalement il était convaincu, tout comme Linné ou Artédi de la fixité des espèces. Il était aussi convaincu de la théorie des catastrophes croyant à une génération spontanée après chaque cataclysme.

D’autres théories, comme celle de Jean-Baptiste de Lamarck (1744-1829), admettaient que les espèces actuelles, descendants de celles ayant vécues par le passé, évoluaient suivant des facteurs divers, modifiaient leurs organes propres suivant la nécessité du milieu ambiant et transmettaient en héritage les caractères acquis à leurs descendants.

En 1831, grâce à John Stevens Henslow (connu à Cambridge), il obtient une place sur le Beagle, un bateau en partance pour cartographier la côte d’Amérique du Sud. Il est embarqué comme accompagnateur du capitaine pour une durée de 5 ans. Durant le voyage, Charles Darwin étudie la géologie des îles et des continents abordés, mais il va surtout collectionner les spécimens et les fossiles des espèces qu’il va rencontrer. En 1832, en Uruguay (Montevideo), trouvant des fossiles de grands tatous il constate que l’espèce a diminué de taille (première hypothèse d’évolution ?). C’est surtout dans les îles Galapagos, en 1835, que ses observations l’amènent à élaborer l’ébauche de sa théorie. Il remarque qu’une même espèce retrouvée sur plusieurs îles présente des différences notables. Le cas des pinsons est exemplaire de ces évolutions : suivant le lieu, le bec est adapté à différentes sortes de nourritures… En 1836, Charles Darwin revient en Angleterre. Dès son retour, Charles Darwin étudie tous les spécimens rapportés, les rapproche, et commence à élaborer sa théorie de l’évolution. A la même époque, d’autres scientifiques remettent en cause les théorie officielles : le catastrophisme et le fixisme.

Charles Darwin (1809-1882), après un voyage autour du monde, publia son « journal » laissant présager la publication de son œuvre sur la théorie de l’espèce « De l’origine de l’espèce » (1859) et qui lui prit 20 années. Sa théorie était basée sur la dynamique des populations et sur la plasticité des espèces par la mutation successive des générations et permit de comprendre les lois de la sélection naturelle. Mais Darwin émit déjà la notion de « généalogie », précurseur d’une classification phylogénétique.

Les spécimens types sont en dépôt dans les musées. Ici les syntypes de Heros spinosissimus = Archocentrus spinosissimus. Les types importants sont marquées par un repère comme ici au Muséum d’Histoire naturelle de Paris par une étiquette rouge sur les bocaux afin d’attirer l’attention sur leur valeur scientifique.

Les classifications scientifiques.

Héritage de Linné, la classification scientifique traditionnelle a été continuellement enrichie depuis sa création et encore utilisée aujourd’hui Elle divise le vivant en cinq règnes. C’est une classification basée sur les caractères observables (phénotypique). Cette classification est la hantise des cladistes (voir plus loin) mais permet de reconnaître facilement et sûrement le « groupe » auquel appartient une espèce. Ainsi un gamin s’aura immédiatement de quoi il s’agit lorsque l’on parle poissons, serpents, tortues, oiseaux, mammifères, etc. mais vous regardera d’un air ahuri si vous lui parlez de cladistia, synapsida, squamata mais cela sera de bon ton pour les cladistes. Ainsi le règne animal est classé traditionnellement avec comme exemple Nandopsis tetracanthus cinctus de la façon suivante : Règne : Animalia (animaux) Sous règne : Metazoa (avec cellule) Infrarègne : Eumetazoa (pluricellulaire) Division : Bilateria (bilatéraux) Subdivisio : Deuterostomia Phyllum : Chordata (cordés) Infraphyllum : Craniota (avec crâne) Cladus : Gnathostomata ‘avec mâchoire) Superclassis : Pisces (poissons) Classis : Osteichthys (poissons osseux) Subclassis : Actinopterygii (poissons à nageoires rayonnées) Infraclassis : Teleostei Superordo : Acanthopterygii (poissons à nageoires épineuses) Ordo : Perciformes (apparence de Perches) Subordo : Labroidei (labroides) Familia : Cichlidae (Perches tropicales) Subfamilia : Geophaginae (géophagines) Tribus : Cichlasomini Subtribus : Cichlasomae Genus : Nandopsis Subgenus : Néant Species : tetracanthus Subspecies : cinctus

Cette classification sera différente dans le cas d’une classification phylogénétique, cette dernière sera peut être plus « vraie » mais pas forcément plus claire.

Exemple d’un cladogramme où sont figurés les divers caractères permettant d’obtenir un arbre phylogénétique dans le temps.

Depuis 1966 apparaît la classification hennigienne ou plus simplement appelée le cladisme. Emil Hans (Willi) Hennig (1913-1976) au-delà de ses études d’entomologie, restera probablement le plus important systématicien phylogénétique du XXè siècle pour son développement de la méthodologie connue actuellement sous cladisme ou cladistique par ses disciples. Dans ce système, la primauté de la notion darwinienne de « la descendance avec modification » n’est pas strictement appliquée et les mesures comparatives entre l’espèce et des groupes ne sont pas prises en compte, mais directement à leurs rapports évolutifs de divergence dans le temps c-à-d leur phylogénie naturelle.

La classification phylogénétique est basée sur les caractères génétiques (génotype). En revanche, cette nouvelle classification permet de mieux visualiser (pour les initiés) les embranchements du vivant tels que constitués par une différenciation progressive au cours du temps. L’une et l’autre des classifications ont leurs limites, et leur usage conjoint n’est donc pas absurde dans la mesure de leur complémentarité. Par exemple on ne peut pas faire de classification phylogénétique sans avoir au préalable rattaché morphologiquement un organisme à un groupe (taxon) de référence. On sait par ailleurs que des « espèces » peuvent a priori être parfaitement identiques morphologiquement et s’avérer incapables de se reproduire entre elles, ces différences sont souvent révélées par la génétique. Au bout du compte, on a donc deux « arbres » phylétiques (le traditionnel et le cladistique) qu’il faut comparer pour être (en partie) sûr de la classification.

L’unité de base de la classification scientifique des êtres vivants ou taxinomie est l’espèce, taxon le moins sujet à discussion, les autres embranchements (nœuds) de la classification, famille, ordre, classe, etc., pouvant varier en fonction des progrès des connaissances phylogénétiques. Mais le cladisme rejette les fossiles, car toute nouvelle découverte pourrait mettre en danger le château de cartes, il rejette aussi tout caractère primitif (plésiomorphie) pour ne retenir que les caractères évolués (apomorphies).

Arbre phylogénétique des vertébrés crâniens, vous remarquez que nous aussi (mammifères) sommes tous des « poissons

La systématique phylogénétique repose sur une pensée de base tendant à dire qu’il n’y a pas de rapport précis entre degrés de similitude et degrés de parenté. Ce qui signifie qu’une classification phylogénétique ne peut s’élaborer sur l’égalité des caractères, ce que font les zoologistes « classiques » qui considèrent les caractères d’égale importance dans la classification. La méthode cladistique tente de prouver en quoi les caractères ne sont pas égaux entre eux, d’effectuer un tri selon leur valeur phylogénétique. En premier, il importe d’effectuer une analyse des caractères dans leur origine, leur évolution et leur fréquence, ce qui implique l’élimination des convergences et évolutions parallèles en ne retenant que les homologies réelles existantes entre les taxa. Ces homologies sont classées comme plésiomorphies (primitives) et apomorphies (spécialisées), ces caractères sont codés, comparés entre les différentes espèces pour dégager ceux ayant en commun les caractères évolués les plus frappants.

La seconde pensée cladiste exprime qu’un seul critère évolutif commun et inédit prouve la relation des espèces, alors que plusieurs caractères primitifs communs n’en expriment pas la preuve. Le cladisme considère donc seuls significatifs les caractères évolués communs. De telles propositions exigent une analyse stricte et sans faille des caractères primitifs, évolués et de leur classification dans l’une ou l’autre catégorie. Mais c’est par là que surgissent les erreurs, souvent entachées de subjectivité, l’ensemble est mouliné à travers un programme informatisé (Paup, Maclade, ou autre) recrachant un cladogramme (progression dichotomique) ou un arbre phylogénétique, si ce n’est une classification numérique.

En résumé, la méthode cladistique essaie de dégager les lignées parallèles (groupes frères) sur la base de caractères évolués communs permettant de construire une classification monophylétique sur un modèle de progression par division en « branches » Très séduisante, cette méthode comporte de grosses difficultés dans la détection des convergences et variations parallèles. D’autre part, il existe toujours un risque personnel sur l’appréciation de la valeur des caractères. L’on pourrait se poser la question s’il existe une « recette » inattaquable pour définir la primitivité d’un caractère ? Il est donc important, lors de toute utilisation de cette méthode de définir au préalable les limites des investigations.

Mais allez donc expliquer à un gamin qu’un daman des rochers est plus proche d’un éléphant que de toutes autres espèces, ou qu’un dauphin est un canidé qui est retourné à l’eau, surtout qu’il ne faut pas utiliser le nom d’un groupe polyphylétique sous peine d’être taxé d’hérétique, mais uniquement des noms de lignée monophylétique.

L’acharnement de cette méthode atteint son paroxysme actuellement avec la classification cladistique moléculaire (uniquement des critères de laboratoire), fondée uniquement sur l’ADN, l’ARN, des mitochondries, domaine où les différentes équipes de laboratoire, principalement anglo-saxonnes, se font une concurrence acharnée à un tel point que les classifications changent tous les 6 mois. De plus, personne n’est en mesure de valider les résultats à part le sérail duquel ils sont issus.

Ne vous étonnez pas si le nom « poissons » (pour contenter les cladistes nous dirions les myxines + les hyperoartii + les élasmobranches + les holocéphales + les téléostéens + les halecomorphes + les giglimodi + les polyodontoidei + les acipenseroidei + les cladistia + les actinistia + les dipneustes ) changent si fréquemment. L’on est pas forcément obligé d’adhérer à ce principe et d’accepter comme « argent comptant » tout changement de nom pour être « in », toutefois si cette classification recoupe tant soit peu celle de la classification phénotypique (et non l’inverse) il y a de forte chance qu’elle soit acceptable. Malheureusement, les cladistes sont très sectaires, ne souffrent d’aucun manquement à la méthode, rejettent tout paraphylétisme pourtant souvent (si) utile pour expliquer simplement le vivant comme poissons, reptiles, tortues, oiseaux ou mammifères, nous avons de la chance que les deux derniers groupes sont monophylétiques, par contre il ne faut pas non plus retomber vers le fixisme et le créationnisme ou le catastrophisme comme c’est le cas actuellement aux Etats-Unis. Tous les mots se terminant pas …isme sont souvent dangereux.

Le cauchemar de Darwin ne serait-il pas le rêve des cladistes qui consiste à éliminer la classification linnéenne pour la remplacer par une classification numérique et Nandopsis tetracanthus cinctus serait synonyme de 08 368 58 236 56/2.

Ne soyez pas le premier à essayer les nouveautés, mais ne soyez pas non plus le dernier à délaisser les vieilleries

Alexander Pope

Bibliographie Allgayer, R. 1982 Le cladisme dans Haplochromis story RFC 16 : 21-32 Ax ,

P. Das Phylogenetische System Gustav Fisher Verlag Stuttgart1984

Darwin, C. De l’origine des espèces

International Code of Zoological Nomenclature 1999 ISBN 0 85301 006 4

Hennig, W. Phylogenetic systematics University of Illinois Press 1966

Storch, V. & U. Welsch. Systematische Zoologie 5e Ed. Stuttgart 1997

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