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Le sol en terrasse : il n’y a rien de plus facile à faire.

Rédigé par D.Bardel - Publié par Véronique – 4 avril 2007

Tous les moyens sont bons pour donner du relief au décor d’un aquarium. L’un de ces moyens, et probablement le plus répandu, est de créer un sol en terrasses, censé donner une impression de profondeur



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Comment créer un sol en terrasses

Tous les moyens sont bons pour donner du relief au décor d’un aquarium. L’un de ces moyens, et probablement le plus répandu, est de créer un sol en terrasses, censé donner une impression de profondeur. A priori, ce type d’aménagement semble très simple à réaliser : il suffit de dresser une pierre plate soutenant un remblai de sable dans lequel on disposera quelques plantes. Mais pierre, sable et plantes sont plongés dans l’eau, où les lois de la gravité sont particulières. En outre, de nombreux poissons aiment fouiller le sol, plus ou moins énergiquement : pas question de compter sur eux pour respecter le décor patiemment agencé par l’aquariophile.

Voici le "mode d’emploi" pour la création d’une belle terrasse, que j’ai rédigé en juin 2003 sur Forumaqua. Les notes explicatives ont été ajoutées pour aider les visiteurs non aquariophiles dans leur lecture.

Comme tout le monde, j’ai voulu créer un sol en terrasses. Mais les Thorichthys meeki ont creusé sur plus de 20 centimètres pour aménager leur nid entre les pierres. Ils ont méticuleusement entassé tout le sable contre la vitre frontale de l’aquarium.

Tu prends une belle ardoise bien haute, bien longue, que tu places debout sur le fond de ton bac (1), à une dizaine de centimètres de la vitre arrière. Puis tu te débrouilles pour qu’elle tienne. Simplissime : tu cales provisoirement ton ardoise avec des pierres à l’avant, pendant que tu remplis de sable à l’arrière. Comme ça, elle ne se couchera pas sous le poids du sable. Enfin, pas tout de suite.

Très vite, tu réalises avec ravissement que le sable fuit sur les côtés, parce que bien sûr les bords de ton ardoise ne s’adaptent pas pile-poil aux vitres du fond du bac. Normal. Dans ce cas, pas d’affolement : tu empiles des cailloux de chaque côté, en tassant pour que ce soit à peu près étanche. Ce faisant, tu pousses un tout petit peu le bel édifice que tu avais construit à l’avant pour éviter que l’ardoise s’écroule : privée de ce soutien, inexorablement, elle tombe.

Tout est à refaire, mais c’est pas grave : l’aquariophilie, n’est-ce pas, est une grande école de patience.

Donc tu recommences en faisant attention, et comme tu ne fais jamais deux fois la même bêtise, tu arrives à peu près à avoir ton ardoise droite, avec le sable au bon niveau derrière, qui ne fout pas le camp par les côtés. Tu as trouvé le truc pour que les cailloux qui servent de cales et de joints d’étanchéité, aient l’air d’être là naturellement. Certes, ce n’est pas tout à fait ce que tu avais prévu au départ, mais au bout de trois jours d’efforts, tu es prêt à faire quelques concessions. Et puis ces pierres feront d’excellentes cachettes pour tes corydoras et/ou tes ancistrus (2).

Vient enfin l’instant exaltant de la plantation. Ta terrasse accueillera les magnifiques Vallisneria (3) qui commencent à jaunir dans leur seau (au bout de trois jours, elles commencent à faire la tête, l’extrémité des feuilles a séché, il faut couper, mais qu’à cela ne tienne, ça repoussera). Délicatement, tu creuses d’un doigt un trou dans lequel tu introduis les racines préalablement "habillées". Et d’un autre doigt, tu essaies de tenir la plante ET de ramener le sable sur les racines, tout en tassant légèrement le sol pour éviter que la plante remonte. Mais tu tasses légèrement trop. Oh ! à peine ! Suffisamment toutefois pour que... Tout s’écroule.

5e jour : les Vallisneria sont plantées dans ta superbe terrasse, que les amas de roches destinés à la maintenir rendent complètement invisible.

6e jour : les Vallisneria se sont déterrées.

...

10e jour : tu mets les Vallisneria dans un angle du bac, et l’amas informe de pierres qui atteint les deux tiers de la hauteur de ton aquarium, à l’arrière, accueillera quelques petites Echinodorus (4) dont tu as pris soin de fixer les racines avec des cailloux. Tu crois te souvenir que quelque part là-dessous, il y a une ardoise.

40e jour : les plantes se sont enracinées, et tu introduis, fébrile, tes premiers poissons. C’est le bonheur.

3e mois : les Corydoras ont habilement nivelé le sable, partout où il était à découvert. Ils ont été aidés par Mister Plec (5) qui s’est aménagé une confortable tanière sous les pierres du fond, en dégageant l’excès de substrat qui l’empêchait de s’y blottir. Et, ô joie suprême, ne semble-t-til pas que tes sajica (6) nagent souvent côte à côte, explorant minutieusement chaque recoin de l’aquarium ?

3e mois + 1 semaine : ça fait huit jours que tu assommes tous les membres du forum avec tes sajica qui se sont mis en couple, et qui sont plus beaux que jamais, et qui ont les yeux bleus bleus bleus, et que le mâle patati patata, et que la femelle gnagnagna. Bref, tu es au paradis des aquariophiles, sauf que tu trouves quand même que tes merveilleux sajica creusent un peu... enfin pas mal.

4e mois : tes premiers alevins sajica forment un nuage autour de leur mère qui les promène au-dessus de ce qui reste des echinodorus pour qu’ils s’y nourrissent. C’est un spectacle fascinant, et les malheureux "forumeurs" ont droit à 3 pages par jour de descriptions émerveillées de l’instinct des parents et tout le toutim. On a droit au refrain de la mère qui veille comme une tigresse sur ses petits pendant que le père patrouille autour de sa famille. Et on a même droit à LA photo. Sur laquelle on remarque quand même que tu as 15 cm d’épaisseur de sable à l’avant du bac. Et on ne voit pas un alevin, tout juste un morceau de la nageoire dorsale de Madame sajica. Mais toi tu expliques : "La nageoire jaune (floue) au fond, c’est la mère, elle est au-dessus des petits, mais la terrasse qui est devant les cache un peu."

Conclusion : tu l’as, ta terrasse. Devant. Tes Corydoras, sajica, meeki, geophagus (7), bref tout le monde s’y est mis, et a soigneusement creusé au seul endroit à peu près discret de l’aquarium, entre les pierres qui calaient l’ardoise, que tu peux voir désormais si tu te glisses entre le bac et le mur. Ils ont bien bien aplani tout le sable qu’ils avaient patiemment transporté loin, très loin de l’endroit où tu t’étais ingénié à le circonscrire.

2 ans plus tard : tu refais la déco de ton bac. Tu trouves une ardoise couchée tout au fond, et tu te demandes ce qu’elle peut bien faire là. Tu l’avais complètement oubliée, celle-là ! Tu empiles des pierres de ci-de là, tu mets des plantes en pots, et tu ne prends même pas la peine de tasser le sable. Tu sais bien que tes poissons se chargeront, avec autant d’application que de talent, de terminer l’aménagement.

© Dominique Bardel

(1) Bac, ou cuve : C’est le nom qu’on donne communément à un aquarium, pour désigner le "contenant".

(2) Corydoras, ancistrus : Les corydoras sont de petits poissons qui passent leur temps à rechercher leur nourriture en fouillant le sol à l’aide de leurs longs barbillons ; les ancistrus, eux, se nourrissent essentiellement d’algues qu’ils "broutent" avec leurs lèvres qui font ressembler leur bouche à une sorte de ventouse. Ces deux espèces, aux mœurs plutôt nocturnes, aiment passer la journée à l’abri sous une pierre ou une racine.

(3) Vallisneria : Il s’agit de plantes aux très longues feuilles rubannées, qui ne supportent absolument pas de séjourner hors de l’eau ; s’il n’est pas possible de les planter dès l’achat, il faut les conserver dans des seaux pour éviter que les feuilles ne se brisent. Tant qu’elles n’ont pas développé de puissantes racines, elles remontent obstinément à la surface : leurs immenses feuilles, plus légères que l’eau, les attirent vers le haut. A la plantation, il est souvent nécessaire de caler les racines avec des pierres.

(4) Echinodorus : Les echinodorus constituent une famille de plantes robustes, de toutes formes et de toutes tailles, qui développent un système racinaire très étendu.

(5) Mister Plec : C’est le surnom que j’ai donné à mon pleco (Hypostomus plecostomus), un poisson qui est encore trop souvent vendu sous le triste nom de "laveur de vitres". Le pleco ne lave rien du tout, évidemment, et, à l’instar de ses cousins les ancistrus, il passe une grande partie de son temps à l’abri sous une pierre, d’où il peut observer tranquillement ce qui se passe.

(6) Sajica : Les stars de mon aquarium, et donc de ce site. Cryptoheros sajica est un petit Cichlidé du Costa Rica, extrêmement actif, qui creuse très profondément sous les pierres pour construire un nid destiné à recevoir le fruit de ses amours. Au début de la période de frai, les partenaires recherchent soigneusement le meilleur endroit pour installer leur nid. Et si une plante leur semble gênante, ils la déterrent, ou la détruisent en déchirant ses feuilles au ras des racines.

(7) Meeki, geophagus : Thorichthys meeki est un cichlidé d’Amérique centrale capable de creuser très profondément pour installer son nid. Même hors des périodes de frai, il passe son temps à avaler du sable pour le recracher un peu plus loin. Quant aux Geophagus, il s’agit d’une famille de Cichlidés du continent sud-américain, qui se nourrissent en filtrant le sable.

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