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L’aquascaping

Rédigé par Crono, Cuong, kirua, Kookaburra, Mellonman, Philippe2 - Publié par Kookaburra – 15 avril 2007

Le Guide du Débutant en Bacs Plantés - Le paysage aquatique ("aquascaping")
L’aquascaping correspond à la conception et la mise en œuvre d’un bac planté, il s’agit donc de l’ensemble des techniques "artistiques" permettant de créer un paysage aquatique. On doit à la fois constituer le "décor" du bac (ce que l’on appelle le "Hardscape") et définir un schéma de plantation : c’est cet ensemble harmonieux qui va constituer un bac planté.



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4.1 - Les principes de bases

4.1.1 - Définition de « l’aquascaping »

L’aquascaping correspond à la conception et la mise en œuvre d’un bac planté, il s’agit donc de l’ensemble des techniques "artistiques" permettant de créer un paysage aquatique. On doit à la fois constituer le "décor" du bac (ce que l’on appelle le "Hardscape") et définir un schéma de plantation : c’est cet ensemble harmonieux qui va constituer un bac planté. C’est une étape très importante, qui va déterminer le style du bac, et l’aspect qu’il aura une fois que les plantes auront bien poussées. En effet, il faut choisir avant la mise en route d’un bac ce que l’on souhaite faire dans ce bac.

Le "Hardscape" est constitué par le sol du bac sur lequel on peut disposer un décor inerte, tel que des racines, de bois fossilisé ou des roches. Le sol peut-être de couleur variable selon les goûts et l’aspect que l’on souhaite donner au bac. Mais les déclinaisons de couleurs allant du beige au marron sont les plus naturelles, avec aussi une possibilité de sol noir afin de bien faire ressortir les couleurs des plantes. Les autres couleurs sont à proscrire, car le rendu final est souvent très artificiel. A noter que vous pouvez créer du relief avec votre sol, mais que le plus souvent, celui-ci aura tendance à s’égaliser avec le temps.

Le choix des plantes et leur agencement dans le bac doit aussi être bien réfléchi. Ne pas hésiter à faire des croquis pour définir le plan de plantation, la représentation "sur le papier" aide à imaginer les volumes que l’on va créer. Il faut aussi bien vérifier que les plantes soient adaptées à l’endroit où l’on souhaite les placer (en terme de vitesse de croissance et de taille adulte).


4.1.2 - La disposition des plantes

Afin que le bac soit le plus esthétique possible, il y a certaines règles à observer. Bien entendu, les critères de beauté étant culturels par définition (selon notre environnement social et notre éducation, nous n’avons pas la même définition de la beauté…), on ne va parler ici que des grands principes assez généralement admis pour créer un bac planté agréable à regarder :

A)

Un des principes de bases pour disposer les plantes est le fait de créer des « étages » dans le bac. Cela créé de la profondeur, et permet ainsi de mieux voir chaque plante. On va ainsi répartir les plantes en trois plans : avant-plan, plan médian et arrière-plan. Il parait logique de respecter les hauteurs naturelles des plantes, et donc de les répartir dans les trois plans selon leurs tailles adultes.

Voici quelques exemples :
- Avant-plan : Glossostigma, Hemianthus callitrichoides, Echinodorus tenellus, Anubias nana, Cryptocoryne sp.…
- Plan médian : Hemianthus micranthemoides, Bacopa australis, Heteranthera zosterifolia, Hygrophila polysperma
- Arrière-plan : Ludwigia repens, Rotala rotundifolia, Rotala macranda, Eusteralis stellata
 

B)

Il faut absolument regrouper les plantes par espèce, et ne pas planter de-ci de-là les brins d’une espèce : l’effet sera meilleur en groupe. La création de « massifs » de plantes aura un impact visuel bien plus grand qu’une plantation dispersée (sauf si c’est l’effet recherché !).
 

C)

Il faut essayer de créer un « point focal » dans le bac. C’est l’endroit où le regard de l’observateur sera systématiquement attiré, et où il faut idéalement placer la plante « phare » du bac (par exemple : Nymphaea lotus zenkeri, Echinodorus rubin ou encore une unique plante « rouge » parmi des plantes à dominance « verte »).
 

D)

Les plantes rouges peuvent plus particulièrement vous aider à donner du contraste à votre paysage. Mais soyez prudent : si vous n’utilisez qu’une seule plante rouge alors elle se comportera comme un nouveau point focal. Si vous avez déjà choisi une pierre pour être votre point focal, vous pourriez créer un trouble dans votre paysage, et votre regard une nouvelle fois se perdrait en allant d’un point à un autre.
 

E)

Bien répartir les formes de feuilles pour ne pas faire trop de « masses » (à tiges, à petites feuilles, à grandes feuilles…), mais sans exagération pour ne pas donner non plus un aspect trop fouillis à l’ensemble.
 

F)

Si votre aquarium est de petite taille (en dessous de 200 litres) préférez les espèces à feuillage fin. Cela le fera paraître plus grand qu’il ne l’est en réalité.
 

G)

Les plantes à tiges sont un excellent moyen pour "sculpter" votre paysage. De nombreuses petites espèces, telles que Micranthemum micranthemoides, Micranthemum umbrosum, Mayaca sellowiana ou Rotala rotundifolia (pour en nommer quelques-unes), peuvent facilement être taillées selon différentes formes.


4.1.3 - Les différentes présentations possibles

La composition concave (haut sur les deux côtés et bas au centre) :


La composition convexe (l’opposé de la précédente, donc bas sur les deux côtés et haut au milieu) :


La composition triangulaire (haut d’un côté, allant en diminuant vers l’autre côté) :


La composition "linéaire" (tout en hauteur avec des étages) :


4.1.4 - Le nombre d’or et le point focal

Pour obtenir un paysage harmonieux, vous devez choisir un point focal (ou bien deux au maximum). C’est généralement quelque chose de plaisant à l’œil. Cela peut-être une pierre, une pièce de bois, ou un magnifique groupe de plantes (ou une plante isolée). C’est là que le nombre d’or prend son importance.

Pour trouver le point focal de votre aquarium, il suffit de mesurer simplement la longueur de votre aquarium et diviser ce nombre par 2,618. Prenez ce résultat et mesurez le sur l’aquarium, marquez-le, vous avez obtenu votre partie ayant pour ratio 1, le reste de la longueur correspond à la partie dont le ratio est 1,618. Voilà donc l’emplacement idéal pour disposer ce que vous avez choisi comme élément majeur du bac.

Bien entendu, vous n’êtes pas obligé d’utiliser le nombre d’or : un point focal peut tout à fait être à un autre endroit du bac (par exemple vers les coins au fond - dixit Amano). Il y a bien d’autres solutions à mettre en oeuvre, à vous de faire preuve d’imagination, de créativité et n’hésitez pas à vous inspirez des bacs que vous voyez sur Internet !


4.1.5 - Les autres éléments de décors (racines, roches…)

Il est tout à fait possible (et même souhaitable) d’introduire d’autres éléments de décoration que les plantes. On se voit proposer dans les magasins aquariophiles différents éléments végétaux et minéraux qu’il est possible de combiner aux plantes dans nos créations aquatiques : racines, bois pétrifié/fossilisé, roches…

Exemple de "hardscape" avec seulement des racines :


Exemple de "hardscape" avec seulement des pierres :


Exemple de "hardscape" avec seulement du bois fossilisé :

Il n’y a pas vraiment de règles quant à l’ajout (ou non) de ces éléments de décor, mais on peut tout de même donner un certain nombre de « trucs » utiles :

- Éviter de mettre 2 types d’éléments décoratifs en même temps (par exemple : bois et roches ensemble, deux types de roches différentes…). Le décor paraîtra plus naturel.

- Vous pouvez recouvrir les racines de végétaux (afin de mieux les intégrer au paysage), avec différentes plantes : Anubias, Microsorum, Mousse de Java…

- Ne jamais placer ces éléments de façon symétrique et éviter les nombres pairs. Préférer les dissymétries (2/3 – 1/3) et les nombres impairs de « décorations » (3 - 5 - 7 => respect du nombre d’or).

- Bien penser à la taille de la plantation définitive lors du choix des éléments décoratifs. Par exemple, ne pas choisir une racine trop petite (qu’on ne verra plus une fois que les plantes auront poussé), ni trop grosse (on ne verra qu’elle…).


4.2 - Les différents styles de paysages aquatiques

4.2.1 - Les bacs hollandais

Le « vrai » aquarium hollandais est un style de bac densément planté, avec des espèces regroupées en massifs. Ce type de bacs est très populaire en Hollande (d’où son nom !) : il a une fédération (NBAT) et même une revue (le mensuel "Het aquarium").

Il existe là-bas un réseau actif, qui organise une compétition annuelle depuis 1963. Il y a 23 juges semi-professionnels, qui se déplacent chez les particuliers (ce qui est possible parce que la Hollande est un petit pays). Le jugement est étalé sur le temps : de l’automne au printemps (où se fait la sélection du meilleur au niveau national). L’aquarium doit donc être au top en permanence.

Le plus souvent, il y a entre 15 et 20 espèces de plantes : une espèce par 30 litres d’eau brut et par 10 cm de façade, pour des bacs qui font en moyenne 500 litres.

Les techniques principales consistent à planter en escalier et en massifs très denses, et à créer une allée (le plus souvent avec du Lobelia cardinalis). L’allée doit être la plus longue possible, avoir le plus grand dénivelé possible, et être orientée à 45° (pour un effet de profondeur). On crée ensuite d’autres allées autour de l’allée principale, elles doivent être parallèles à la principale, et bien épaisses.

Bac "hollandais"


4.2.2 - Les aquariums naturels

Comme leur nom l’indique, les aquariums naturels représentent une approche diamétralement opposée à celle des bacs hollandais : le but n’est alors plus de créer une vitrine, de montrer les plantes sous leur meilleur jour en jouant sur les formes et les couleurs, mais bien d’essayer de donner au paysage aquatique un aspect naturel, voire sauvage.

Ceci ne signifie pas que l’aquarium naturel vise à reproduire un biotope avec fidélité (fond d’une rivière ou d’un lac). Au contraire, ce type de "layout" est bien souvent inspiré d’un paysage terrestre et tente de le recréer ou de l’interpréter dans un aquarium.

Bac "naturel" de Takashi Amano

Même si l’aquarium doit au bout du compte donner une impression de naturel, la réflexion sur le "layout" reste un point très important : placement, harmonie, formes, tailles, couleurs, etc… Cette conception nouvelle des bacs plantés a été développée par le japonais Takashi Amano, maître des aquariums naturels, dont beaucoup s’inspirent aujourd’hui.

Les caractéristiques principales de ce style de bac sont :

- L’utilisation importante de roches et de racines, afin par exemple de recréer une ambiance forestière ou montagneuse.

- L’emploi parcimonieux de plantes rouges, pour accentuer l’aspect naturel (la couleur dominante dans le monde végétal étant le vert).

- Le non respect de certaines règles du bac planté classique : les trois plans (fond, plan intermédiaire, premier plan) ne sont pas forcément clairement établis, les plantes ne sont pas obligatoirement toutes regroupées en massifs, et ces massifs ne sont pas toujours taillés géométriquement.

Il est fortement conseillé de ne jamais mélanger plusieurs types de roches ou plusieurs types de racines dans un aquarium naturel, le résultat étant immanquablement un aspect fouillis et hétéroclite. On peut en revanche combiner pierres et racines, mais créer un paysage harmonieux dans ces conditions, reste un exercice plus difficile qu’en se limitant à l’un des deux éléments.

Dans le cas de l’utilisation unique de pierres, la beauté intrinsèque de la roche, sa couleur, sa texture, en un mot, son aspect naturel est capital. On évitera des placements trop symétriques, trop centrés ou trop alignés pour préférer l’implantation de groupes de pierres déséquilibrés (par le nombre) et impaires. Par exemple trois pierres à gauche du bac et une seule du coté droit.

On peut notamment souligner le rendu d’une très belle pierre en la positionnant au point le plus apprécié de l’œil, en fonction de la règle du nombre d’or qui crée le point focal du bac. Une autre possibilité est de souligner le point focal créé par la pierre en mettant un bosquet d’une plante rouge vive (ex : Ludwigia arcuata) derrière afin d’attirer encore plus l’attention du spectateur sur ce point.

Dans certains bacs (que l’on appelle par extension "Iwagumi"), les pierres sont l’élément essentiel du bac et ne sont entourées que d’une végétation basse et discrète, destinée à mettre en valeur leur beauté et leur placement.

Bac "iwagumi"

Dans le cas de l’utilisation de racines seules, deux choix s’offrent généralement à l’aquascapeur : recouvrir les racines de mousses et fougères ou les laisser nues. Dans le premier cas la racine est alors vue comme un « accompagnement » de la plantation générale, elle s’incruste dans la masse végétale et offre un excellent rendu naturel, mais s’impose bien moins à l’œil comme élément dominant du bac.

Dans le deuxième cas la racine devient un élément visuel important, tranchant avec le vert des plantes, le choix de son emplacement et de sa forme en devient souvent plus important que dans le premier cas. Tout dépend donc de l’« ambiance » que l’on veut obtenir. Notons enfin qu’une voie intermédiaire existe aussi, en ne recouvrant les racines que partiellement.

Enfin, si l’on veut utiliser les 2 éléments du "layout" à savoir les racines et les roches, il est conseillé d’octroyer à l’un une place, un effet visuel plus important qu’à l’autre. Par exemple, couvrir de mousses les roches afin qu’elles se noient dans l’effet végétation et laisser nues ou presque les racines.

Les plantes les plus fréquemment utilisées dans les aquariums naturels sont :
- les plantes à fixer sur pierres ou racines : diverses espèces de mousses, Riccia fluitans, fougère de Java, Anubias, Bolbitis heudelotti
- les plantes dites « gazonnantes » : Glossostigma elatinoides, Eleocharis acicularis, Echinodorus tenellus, Riccia fluitans encore, et plus occasionnellement Lilaeopsis ou Marsilea
- les plantes à tige à petites feuilles (la taille réduite des feuilles aidant à recréer un paysage terrestre à l’échelle d’un aquarium) : Hemianthus micranthemoides, Micranthemum umbrosum, Ludwigia arcuata, Rotala rotundifolia, Rotala sp. green…).


4.2.3 - Les bacs plantés

Ceci englobe toutes les autres réalisations, qui ne suivent pas forcément de style particulier, ou qui sont un mélange de différentes inspirations… On peut quand même parler de « culture européenne », avec des bacs qui se réfèrent aux jardins terrestres « à l’anglaise » ou aux jardins terrestres « à la française »…

A) Les bacs suivants le modèle des jardins à l’anglaise vont être des « fouillis végétaux organisés ». C’est-à-dire que malgré l’apparence (volontaire) de désordre, le schéma de plantation est bien réfléchi, afin de créer un ensemble naturel et original. Il s’agit en fait « de laisser faire la nature », simplement en l’accompagnant par quelques tailles judicieuses… C’est un style assez difficile à mettre en place, car on tombe rapidement dans un aspect de chaos végétal, sans grand intérêt visuel !

Bac "à l’anglaise"

B) Quant aux bacs suivants le modèle des jardins à la française, ils vont être à l’opposé du style précédent. Avec des massifs très structurés et des volumes assez géométriques, le but est de créer des contrastes visuels importants, et de maîtriser au maximum les végétaux en leur imposant la forme que l’on souhaite. La plus grande difficulté dans ce style est la grande maîtrise des différentes techniques de taille que doit posséder l’aquariophile.

Bac "à la française"


4.2.4 - Les bacs « Low Tech »

Comme nous l’avons déjà vu dans le chapitre matériel, il s’agit ici de réaliser un bac planté en dépensant le moins possible, donc en limitant les installations techniques. L’exercice est assez délicat car la limitation de paramètres favorables à une croissance vigoureuse des végétaux (éclairage moyen et taux de CO² assez faible) restreint le choix des plantes et donc les réalisations possibles. Néanmoins, il existe de magnifiques bacs « Low Tech », et réussir un bac de cette façon est très intéressant car somme toute difficile…

Le plus souvent, ces bacs sont constitués d’un "Hardscape" fait de racines recouvertes de mousse de Java, et d’une plantation faite avec des plantes pouvant se contenter d’un éclairage moyen (voire faible), et des plantes à croissance pas trop rapide (en raison de l’absence d’injection de CO2) : Anubias sp., Microsorum sp., Cryptocoryne sp.… Ce sont des réalisations rejoignant le style des "aquariums naturels", mais avec une vision plus dépouillée.

Néanmoins, il n’y a pas de style pré-défini à suivre et chacun est libre de créer le bac « low tech » qu’il veut. On peut donc réaliser des bacs de tout style en « low tech », la seule contrainte étant de choisir des plantes parmi celles supportant ces conditions de vie moins favorables que dans un bac « High Tech »… Mais cela laisse tout de même un grand choix de plantes, et permet de créer des paysages aquatiques de toute beauté !

Bac « low tech »

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©Crono, Cuong, kirua, Kookaburra, Mellonman, Philippe2

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