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Hypancistrus zebra, le bac de maintenance

Publié par ElTofi – 30 mars 2007

L’historique et la conception de mon bac de reproduction destiné aux Hypancistrus zebra. L’installation du bac et les bons paramètres.



Article sous licence :

CC by-nc-nd

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Après avoir passé bien des possibilités en revue, je me suis dit que ce pourrait être intéressant de faire du spécifique, et tant qu’à faire, pourquoi ne pas partir sur un truc pas courant… je me suis donc mis à la recherche d’un poisson qui pourrait cadrer à la grandeur de ce bac, et qui n’était pas réputé pour sa facilité… j’ai entendu parler du projet de barrage sur le Xingu et là… évidence… hypancistrus zebra…

La conception :

J’ai cherché des infos sur tous les sites que je connaissais, et sur des autres découverts au hasard des voyages sur le net… j’ai bouquiné, j’ai discuté, enfin, toute la partie intéressante qui consiste à se renseigner… en synthèse, il ressort des ces recherches les quelques points suivants, sur lesquels tout le monde est assez d’accord :

- eau très chaude (28 à 30 °C)
- eau blanche, fortement oxygénée à courant rapide
- eau douce et légèrement acide
- substrat sableux fin, avec roches volcaniques et déchets végétaux constituant de nombreuses caches très étroites et à une seule issue.
- Pas de plantes

Ça nous cadre déjà pas mal le problème… En somme, c’est assez proche, à part la température et la dureté, d’un ruisseau européen. J’ai donc tablé sur l’observation du biotope d’un autre poisson chat de taille similaire, mais européen, le chabot… ce petit poisson de nos eaux a un comportement étrangement similaire à notre L46…

Je suis parti en repérage sur différents ruisseaux et ruisselets autour de chez moi et j’ai découvert les bases de l’hydrodynamique… le problème qui se posait était le suivant. Dans un ruisseau, le courant est unidirectionnel, sur une faible hauteur d’eau. Le courant se brise et se divise sur le lit du ruisseau en créant différentes zones de remous, qui sont également brassées, mais de manière circulaire… Il n’y a pas de zones mortes du fait de la faible hauteur d’eau et le courant façonne le relief du fond…

Dans un bac, le courant est bien moindre, même avec de grosses pompes, du fait du volume d’eau important (hauteur et profondeur du bac). De plus, il est difficile de recréer ce flux unidirectionnel… en observant attentivement une gouille du ruisseau, j’ai constaté qu’on retrouvait un flux correspondant mieux à la géométrie de mon bac.

Le bac :

J’ai donc pris l’option de créer un courant circulaire, m’aidant pour cela de la géométrie particulière (angles cassés) du Juwel panorama 80. J’ai disposé deux pompes de 1000 l/h à chaque extrémité du bac qui brassent et filtrent en rond autour du décor.

La technique :

Une des pompes alimente une décantation interne JUWEL, et rejette le long de la vitre arrière un courant assez fort qui crée un bon brassage de surface.

La deuxième n’alimente qu’un petit filtre mousse mécanique, et sert principalement à reprendre le courant en diagonale inverse, afin de faciliter le flux circulaire

Un chauffage de 100 W intégré à la décantation et la rampe à 2 tubes de 18 W suffisent à réguler la température à 30 °C… Les deux tubes sont vieux de deux ans, mais je ne compte pas les changer, vu l’absence de plantes dans le bac. Ils suffisent à me créer un léger duvet d’algues sur l’ensemble du décor et à alimenter en énergie les lentilles d’eau en surface qui ombragent le sol.

Le décor :

Il est constitué de ce que l’on peut trouver au fond d’un ruisseau, c’est à dire :

- un fond de gravier et de sable mélangés
- des galets de différentes tailles
- des morceaux de bois de différentes taille
- des rochers de différentes tailles

Afin de ne pas abîmer la vitre du fond, j’ai d’abord disposé une couche d’environ 8 cm de sable et gravier sur laquelle j’ai déposé quelques racines de mopani plates, mais extrêmement trouées, créant une première couche. La fonction première de cette couche est de protéger la vitre du fond, tout en créant quelques caches pour les tout petits poissons.

J’ai ensuite placé les gros éléments du décor, les 2 racines principales, en appui sur les petites mopani, et sur les galets disposés ça et là, créant encore des grottes et des caches supplémentaires.

Le tout est « calé » par deux gros blocs de bois pétrifié, issus de mon grand bac, où ils étaient dédaignés par les poissons de fond qui leur préfère la grande racine.

Sur la vitre arrière, j’ai posé debout deux racines mopani plates qui la protègent d’un éventuel éboulement du décor.

L’acclimatation :

Le bac étant prêt depuis fin septembre2003, encore fallait-il trouver les poissons. J’ai commencé les recherches dès le mois d’août et si j’ai trouvé relativement vite des poissons intéressants, mais à un prix absolument inabordable. Principalement du fait qu’il s’agissait d’adultes acclimatés, le poisson frisait les 110€ ! ! ! (à l’heure actuelle, ces prix-là font rire tout le monde, mais à l’époque de la rédaction de cet article, c’était exhorbitant).

Hors de question. De plus, je cherchais du jeune, du sauvage, avec tous les risques que cela comporte. J’ai donc continué les recherches et finalement trouvé mon bonheur par un magasin de la place lausannoise, lors de l’exposition ANIMALIA, en fin de soirée, lors du démontage des stands. Il pouvait me fournir des poissons à 45 €, moins de 6 cm, sans acclimatation. On a discuté la moindre, histoire de marchander un peu, mais l’affaire a été vite faite.

En résumé, les poissons ont vécu le trajet Brésil – importateur – revendeur – El Tofi en quelques jours seulement. Et les deux dernières étapes se sont faites très rapidement, ce qui fait 2 acclimatations en 48 heures… un peu rude peut-être…

Me voilà donc avec mes 7 hypancistrus zebra dans un bidon de 16 litres dans lequel je fais couler un goutte-à-goutte d’eau du bac durant 3 heures. Le transfert se fait tout en douceur, mais rien n’y fait, le plus gros, qui montrait déjà des signes de faiblesse dans le bac du vendeur, n’y survivra pas… il va se cacher péniblement dans le coin arrière gauche du bac, derrière un galet, et y restera jusqu’au lendemain, où je le retrouve déjà partiellement consommé par les bactéries… c’est rude, mais vu l’historique et la provenance des poissons, je m’y attendais un peu… j’espère seulement que ce sera le seul.

Le jour de l’introduction, je n’ai pratiquement pas nourri. J’avoue, je n’ai pas pu résister à l’envie de leur donner une vingtaine de gammares fraîches du ruisseau de chez moi… de 3-4 ° dans le ruisseau, elles sont passées à 30° et elles ont cuit sur place… le lendemain, je n’en ai pas retrouvé, ce qui ne veut pas dire pour autant que les HZ les aient dévorées, vu le grand nombre de caches…

C’est seulement après 48 heures que j’ai procédé à un premier vrai nourrissage… c’est une des principales difficultés avec ce loricariidé qui n’est pas, contrairement à beaucoup d’autres, végétarien, mais bel et bien carnivore… Nous savons tous que nos poissons deviennent très vite « opportunivore » et se jettent sur n’importe quelle nourriture, mais l’objectif restant d’être proche du milieu naturel, j’ai commencé sur une base nourriture vivante / nourriture congelée carnée. Par exemple larves de moustique rouge et artémias.

Première distribution : Manifestement, c’est l’agitation dans le bac… l’odeur des artémias les affole… ils ont faim, bonne nouvelle… je distribue parcimonieusement un mini-tout-petit-peu de ce mélange, je me retire et j’observe… les 6 survivants s’agitent… mais ne se risquent pas encore à sortir de leurs caches… toutes les lumières de la pièce sont éteintes, seul le faible éclairage du bac tourne… après quelques minutes, des larves et des artémias se font emporter sous les galets et autres souches… je ne me risque pas à trop m’approcher, mais je devine beaucoup de mouvements la-dessous… je perçois même quelques nageoires dorsales très relevées… et puis, tout d’un coup, une incursion très rapide en zone découverte… il y avait là une grosse larve de moustique rouge trop tentante… j’ai eu le temps d’apercevoir un éclair blanc et noir et puis… plus rien…

4 ème jour…

Je sais donc qu’ils mangent… en tout cas deux d’entre eux… autre observation qui va dans le bon sens, ils ne sont plus groupés en tas dans la même cache, mais commencent à se répartir les territoires individuellement… Je pensais qu’ils avaient plus ou moins établi des caches de préférence… tout faux… ce soir, j’ai dû les chercher ailleurs… ils bougent les coquins… ils ne sont plus aux mêmes caches que ces 3 derniers jours… A priori, les 6 survivants se portent bien… bien qu’il soit sans doute trop tôt pour parler d’une acclimatation réussie…

Mais je crois que notre aventure commence pas si mal…

img Cette page écrite par ElTofi  pour AquAgora est sous un contrat Creative Commons.

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