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Hypancistrus zebra, la maintenance

Publié par ElTofi – 30 mars 2007

les bases principales de la maintenance du Hz. Les bases citées ci-dessous sont celles observées et expérimentées par l’auteur entre octobre 2003 et octobre 2006 sur une population de 9 Hz. Ce cheptel s’est reproduit à de nombreuses reprises. D’autres expériences ont été menées depuis, toutes aussi efficaces en matière de maintenance et de repros.



Article sous licence :

CC by-nc-nd

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ORIGINE ET BIOTOPE

Hypancistrus zebra fait partie de la grande famille des Loricariidae, du genre Hypancistrus. Il provient uniquement du Rio Xingu, qui coule au Brésil, dans la province de Pará, il est pêché dans la région d’Altamira, en eau vive, souvent jusqu’à plus de 10 m de profondeur.

Hypancistrus zebra est un poisson de rivière, et non pas de lac ou de mare … Il conviendra donc de lui fournir un bac spécifique pensé à son seul usage. Pour lui donner des bonnes conditions de vie, on lui installera un bac spécifique. La hauteur d’eau n’est pas très importante et il vaut mieux un aquarium large et long plutôt que haut ; il convient d’aménager un maximum de surface au sol. Un aquarium de 80 cm de long sur 40 de largeur paraît un minimum pour garder une petite communauté de zebra. On peut sans problème utiliser un bac d’une centaine de litres.

L’EAU, LE BAC, LE DECOR

Une eau douce et acide reproduit bien son biotope. Il semble qu’il ait une certaine tolérance quant à la dureté de l’eau et au pH à condition de rester dans cette fourchette de valeurs : pH entre 6 et 7,5, température entre 26 et 30°C. La propreté de l’eau doit être assurée par une filtration très efficace, l’Hypancistrus zebra est un gros pollueur : un filtre externe ou une décantation interne assurant un débit de 5 fois le volume du bac semble un minimum. À l’autre extrémité du bac, on ajoutera une puissante pompe de brassage (1000 l/h ne sont pas excessifs) en flux circulaire, pour recréer un maximum de courant et de remous.

Dans ce type de bac qui tente de reproduire un cours d’eau non planté, l’éclairage a relativement peu d’importance. Il faut toutefois éclairer, pour admirer les poissons et pour créer l’alternance jour nuit, avec des tubes standard de faible wattage, en visant 1 watt pour 3 ou 4 litres d’eau. Un éclairage trop puissant favoriserait les algues puisqu’il n’y a pas de plantes pour les concurrencer.

Un sol composé de sable fin et de petits galets de ruisseau suffit à créer une couche de fond, par-dessus laquelle on rajoutera différentes pierres plus grandes et quelques racines. Il convient de constituer dans cet assemblage, des failles et des trous dans lesquelles l’Hypancistrus aime à se cacher.

On peut par exemple scinder l’aquarium en plusieurs territoires, en utilisant une grosse pierre ou une grosse racine qui « coupe » le bac en 2 parties, où les poissons trouveront plusieurs caches. On peut également intégrer des tubes en terre cuite à une seule issue, dont le poisson raffole, tant pour s’y réfugier que pour pondre. Il faut compter au moins autant de caches que de poissons, afin que les dominés puissent également trouver refuge. Plus il y aura de cachettes et de refuges disponibles et plus les poissons seront rassurés, et donc visibles.

MAINTENANCE

La maintenance d’un tel aquarium nécessite une bonne discipline : Il faut changer environ 30% de l’eau chaque semaine, en évitant les écarts de température ou de qualité d’eau et en utilisant par exemple une pompe de petit débit pour amener l’eau neuve. Selon les paramètres de l’eau de conduite, un dosage moitié-moitié d’eau osmosée et d’eau du robinet peut convenir. On profite du changement d’eau pour bien siphonner le sol et surtout les nombreuses anfractuosités du décor, où les déchets de nourriture ont tendance à s’accumuler.

DIMORPHISME

• un mâle

Le dimorphisme sexuel est délicat à observer en bac de vente sur des poissons souvent immatures et généralement stressés. Cependant, sur un poisson mature et acclimaté, on peut se référer aux points suivants : En observant attentivement des individus de 5 à 7 cm au moins, on remarque que les mâles présentent des odontodes inter operculaires et des odontodes pectorales (brosses) très développées, ainsi que des odontodes plaquettaires sur le tiers inférieur du corps particulièrement visibles en lumière rasante. On peut aussi comparer la forme de la tête des mâles qui est plus massive et plus carénée que chez les femelles, qui ont une tête plus arrondie. Parfois aussi la coloration des mâles est plus marquée, le noir est plus sombre et le blanc plus flash : En schématisant, le mâle a l’air plus noir, la femelle a l’air plus blanche. On peut y rajouter l’observation de la forme de la queue, les lobes supérieur et inférieur sont plus effilés chez les mâles.

• une femelle

Une femelle présentera des odontodes courtes, voire inexistantes, une tête plus ronde. Un corps plus rond vu du dessus ou de l’arrière, peut indiquer une femelle gravide. Elles sont généralement plus petites que les mâles et leur queue est effilée uniquement sur la partie inférieure

COMPORTEMENT SOCIAL

Il s’agit de poissons vivant en colonie territoriale. Plusieurs territoires mâles se juxtaposent, créant l’ensemble de la colonie. Les femelles se déplacent librement dans des territoires juxtaposés et choisissent le meilleur mâle. Une intrusion d’un mâle sur un autre territoire sera immédiatement sanctionnée par un combat très bref, mais très violent.

Plusieurs types de combat ont été observés :

• Combat côte à côte :

La confrontation est directe. Elle se fait à l’aide des odontodes inter operculaires qui se déploient à l’équerre par rapport à la tête. Les 2 individus tentent de s’accrocher par les « brosses » et ondulent ensuite de tout le corps en de grands mouvements amples, afin d’écorcher leur rival.

Ces combats sont de très courte durée, de 2 à 5 secondes, le vainqueur garde le territoire et reste en position déployées durant quelques minutes. On dirait qu’il renforce sa position de dominant… le vaincu se replie immédiatement et « rentre la voilure ».

• Position tête bêche :

Le combat est moins violent. L’approche est plus nuancée. Les protagonistes se font face, puis glissent le long du corps l’un de l’autre. Ils semblent plus s’intimider que se combattre, même si une fois en position operculaire, ils ondulent de tout le corps. La vigueur des ces ondulations est néanmoins plus faible… Ce comportement a été constaté à plusieurs reprises peu avant une ponte.

Comportement « naturel » et comportement « domestique »

En fonction du bac et de l’environnement mis à disposition, le zebra évolue différemment. Dans les bacs spécifiques, où il est maintenu en colonie, avec un fort courant et très peu d’intervention humaine, il reste sauvage. On constate par exemple de très nombreux déplacements, vifs et courts, toujours à l’affût. On assiste également à plusieurs rixes par jour. On peut aussi observer des comportements de chasse et d’une manière générale, un comportement de poisson « sauvage » : fuite devant une ombre, territorialité bien marquée.

Il semble qu’un zebra maintenu seul de son espèce en bac communautaire, perde ce comportement naturel et se laisse domestiquer, jusqu’à venir manger dans les doigts du nourrisseur et sortir sitôt le couvercle du bac levé, comme n’importe quel poisson d’ornement.

à chacun de voir quel type de comportement il veut avoir...

ALIMENTATION

Contrairement à d’autres Loricariidae et aux idées préconçues, ce n’est pas un mangeur d’algues ! Une analyse du contenu stomacal de L46 a révélé que ce poisson est omnivore, à prédominance carnée. On a retrouvé différents insectes et crustacés, mais également des fibres végétales (fruits) et des graines. En aquarium, on veillera à fournir à nos poissons une alimentation aussi variée que possible. Il faut privilégier le plus possible les distributions de nourritures vivantes : On doit leur donner des larves de moustiques rouges, des larves de moustiques noires, des gammares de petite taille, des daphnies, des petits vers de terre rouges. On peut aussi les donner sous forme congelée, mais dans la plupart des cas, les paillettes ou flocons ne les intéressent pas, sauf les comprimés contenant de la spiruline.

En donnant des petites proies vivantes on assiste à un comportement de chasse : Les Hypancistrus zebra utilisent le courant pour rabattre leur proie. Ils se tapissent derrière un caillou du décor, orienté vers l’amont, et surgissent pour plaquer la proie de tout leur corps au sol. Ils reculent ensuite et ingurgitent la proie. Ils peuvent ainsi se nourrir en plein courant. Ce comportement a été observé un peu différemment chez Yann Fulliquet avec des L66 et des L260. Ils protègent leur proie sous leur corps et redescendent jusqu’à hauteur de ventouse, sans réellement « attaquer » une proie. Ils se contentent de l’immobiliser, puis de l’ingurgiter. Les Hypancistrus sont des chasseurs habiles, mais des mangeurs lents, il ne faut donc pas les mettre en concurrence alimentaire avec d’autres poissons plus grands ou plus rapides. Ils sont tout à fait capables de défendre un site de nourriture envers leurs congénères, quitte à ne pas pouvoir manger…

CONSEILS D’ACHAT :

Sur un poisson acclimaté, les signes suivants sont très révélateurs… en bac de vente, c’est malheureusement plus difficile à cause du stress créé par le voyage et les différents transbordements. Il faut donc bien observer les poissons avant de les acheter :

Signes positifs :

Le noir est profond et uni, les limites bien nettes. Les nageoires légèrement irisées de bleu sont un signe d’excellente santé. Les nageoires doivent être saines, déployées. Pas de déchirure, attention au 1er rayon dur des nageoires. Le poisson doit être vif, réagir en fuite devant l’épuisette. Il se déplace par petits bonds successifs, rapides. Un poisson léthargique n’est pas en bon état. L’œil doit être mobile, réactif à la lumière. Le poisson le plus sain est celui qui sera le plus difficile à attraper. (Attention à ne pas le casser, à ne pas le plaquer contre la vitre du bac).

Signes négatifs à observer :

Si le poisson a une tache rosâtre ou rouge sur le flanc, elle indique une fracture et une hémorragie, qui a court terme, sacrifieront le poisson Un blanc rosé indique de mauvaises conditions d’eau (nitrates ou acidose) Le ventre ne doit pas être creux, signe de malnutrition L’œil doit être sain et pas creusé. La ligne osseuse du poisson doit être régulière, pas de cassures ou de queue tordue. Souvent, les conditions de pêche, de manipulation ou de transport fragilisent les poissons, car ils ont littéralement été cassés. N’oublions pas qu’il s’agit là d’un poisson à plaques osseuses…

img Cette page écrite par ElTofi  pour AquAgora est sous un contrat Creative Commons.

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