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Hou, hou !... Y’a quelqu’un ?...

Rédigé par Jean-Olivier LOIZE (joloize) - Publié par joloize – 20 mars 2007

Avertissement ; Ce récit est une histoire réellement vécue (mais un peu romancée) dont je suis le sinistre auteur, il ne s’agit naturellement pas d’un exemple à suivre, ne voyez encore moins la moindre recommandation de ma part si ce n’est de ne pas faire ce que j’ai fait...



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Avertissement : Ce récit est une histoire réellement vécue (mais un peu romancée) dont je suis le sinistre auteur, il ne s’agit naturellement pas d’un exemple à suivre, ne voyez encore moins la moindre recommandation de ma part si ce n’est de ne pas faire ce que j’ai fait...

Je dédie ces quelques lignes à la mémoire de cette charmante femelle guppy et de son rejeton, héros bien malgré eux d’un incident regrettable.


Le jour se lève sur Montpellier en ce jeudi 6 juin 1974, ma petite chambre de bonne, sous les combles, s’éclaire des premières lueurs de l’aube naissante. Les 8 aquariums "glouglouttent" à qui mieux-mieux. Un réveil tout en douceur, donc... L’eau chaude s’écoule lentement dans le filtre rempli de café. A propos de filtre, justement, il faut que je nettoie le bac à guppy avant de partir pour la fac. J’aspire les débris divers, je rince la chaussette du filtre interne. Il est bien ce filtre, mais pas pratique à nettoyer. C’est quoi la marque ? Et ils osent le vendre, çà !...

Tiens, une femelle guppy est pleine. Epuisette. Hop dedans. Un verre d’eau. Plouf... Le café est prêt ? Enfin, c’est pas trop tôt. Marrante la guppy dans son verre, elle me regarde siroter mon café. Patience, cocotte, tu vas aller faire un tour dans le pondoir... Oui, ben c’est pas la peine de rouspéter, c’est encore moi qui décide ici, non ?

Deux secondes, que diable ! C’est l’heure de ma petite biscotte avec beurre ET confiture car aujourd’hui est un jour pair, sinon, ce serait beurre OU confiture - restriction budgétaire oblige. Oh et puis pousse toi un peu, toi et ton verre ! Allez zou, SOUS le bureau, besoin de place, moi, pour ma biscotte !...

Scrounch... Hmmm... Yabon biscotte... Re-scrounch... Enlever le couvercle du pondoir à guppy. Dans ce bac nagent une trentaine d’alevins destinés à nourrir les Aphyosemions et les Fundulopanchax. C’est que je suis le seul de la région, à ma connaissance, à élever des cyprinodontidés. Des poissons très colorés, encore mal identifiés et peu connus. Un seul magasin a la primeur de revendre mes rejetons, si je parviens à un bon taux de production, je pourrais m’offrir LE luxe : beurre ET confiture à tous les "p’tit-dej" !...

Au fait !... Les aphyos étaient en plein parade tout à l’heure... Super, je vois 3 oeufs dans le mop... Faut les retirer maintenant. Hop, dans le bac tout prêt pour recevoir ces futurs alevins chéris par-dessus tout. Tu parles !... Je les vois déjà se transformer en plaquettes de beurre et en pots de confiture ! Important çà !...

Putaing ! 7h45, nom de Dieu, j’vais être en retard pour la fac... Je file... Merdâche, j’ai oublié de refermer le pondoir à guppy hier soir... Je suis tête en l’air, décidément !...

Quelques semaines passent. Les aphyos vont bien, la "production" est satisfaisante, je vais pouvoir doubler ma consommation de beurre et de confiture. Par contre les 2 couples de fundulo sont un peu à la traîne, ou alors ce ne sont pas des fundulo... Pas impossible çà !... J’ai un gros bouquin où quelques espèces sont cités, c’est ma seule source d’identification pour cette famille dont personne ne parle.

Il y a bien une petite annonce, dans "Aquarama" qui relate la création d’un tout nouveau club. Le Killy Club de France. Un peu pompeux comme nom, mais je n’ai pas hésité à m’inscrire un seul instant, le chèque d’inscription est parti le soir même (c’est pas une blague, j’avais un tout petit numéro de membre - 27, je crois. A l’époque, la revue était constituée de feuillets libres de couleur jaune sable, avec de vrais photos à coller soi-même sur les pages que l’on réunissait dans un classeur. Je me souviens aussi avoir écrit un article relatant la fabrication d’un aquarium à killies avec un couvercle coulissant qui a dû paraître dans le numéro 2 ou 3).

Revenons au gros bouquin d’Axelrod : 20 pages, pas une de plus, sur les cyprinodontidés et plus de 1000 pages pour le reste. Où est passé ce bouquin ? Sous le bureau !... Je me souviens l’y avoir rangé là après avoir reçu cette enveloppe pleine d’oeufs provenant de Labé (en Guinée)...

Nom de Zeus !... C’est quoi ce verre ? La femelle guppy !... Qu’est-ce qu’elle fout là ?... Puis, je me souviens de sa présence ici... Quitte à être ignoble, autant l’être jusqu’au bout, je ne peux réprimer une première pensée : une bonne vingtaine d’alevins de perdus...

Encore vivante, cette guppy ! Bon, elle a pris une drôle de forme : en "L", le corps cassé en deux au niveau de la dorsale, la caudale traîne sur le fond, tandis que l’avant est horizontal. Et en plus, elle n’est pas seule dans le verre, un petit guppy rescapé a grossi un peu... Elle rejoint le bac des guppys (une poignée de femelles et deux mâles). Son rejeton avec elle, il est assez gros pour ne pas se faire bouffer dans ce bac et il est hors de question qu’il serve à nourrir les aphyos. Pas après ce qu’il a subi !...

Comment a-t’elle pu survivre dans si peu d’eau, dans des conditions aussi déplorable, cela reste pour moi un mystère... Un instinct de survie incroyable... Depuis, j’ai quelque peu modifié ma vision de l’aquariophilie. J’ai donné bien moins d’importance aux paramètres de l’eau, aux conditions supposées "idéales" pour la survie de ces animaux. Je ne dis pas de les négliger, non, c’est tout le contraire. Si le pH est à 7,2 alors qu’il faut 7,4, laissez tomber les éprouvettes, le poisson n’en demande pas autant. Il faut les observer, traduire leur comportement, les aimer, leur donner les meilleures conditions possibles et ne pas plonger ses pattes dans un bac toutes les 30 secondes... Dedans, c’est leur territoire, pas le vôtre !...

J’allais oublier (décidément, je suis incorrigible) : terminer ce que l’on a commencé, et ce même si la baraque prend feu !...

Epilogue : la femelle "tordue" a vécu une bonne année de plus, me fournissant régulièrement ses rejetons pour le grand bonheur des aphyos. Quant au pauvre p’tit bout de chou, il est devenu un beau mâle bleu, mais il n’a jamais atteint la taille d’un adulte normalement constitué. Son handicap initial ne s’est jamais résorbé... Pourvu qu’ils aient été heureux le restant de leur vie, c’est tout ce que je leur souhaites, et s’ils me lisent ici (pourquoi pas ?) que justice leur soit rendue, ce sont des héros... Je vous aime toujours !


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Ce texte a été rédigé par Jean-Olivier LOIZE pour AquAgora et mis à disposition sous un contrat Creative Commons.

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