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Facteurs environnementaux et maintenance des plantes

Rédigé par Crono, Cuong, kirua, Kookaburra, Mellonman, Philippe2 - Publié par Kookaburra – 13 avril 2007

Les facteurs environnementaux : Eclairage, composition minérale de l’eau, engrais , Oligo-éléments , renouvellements partiels de l’eau



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2.1 - Intensité lumineuse, qualité et durée de l’éclairage

Ceci étant plus largement abordé dans le chapitre sur les plantes, nous allons simplement rappeler que l’intensité lumineuse est un des facteurs-clés pour maintenir des végétaux en bonne santé. Sans rentrer dans le détail, on peut dire que l’idéal est de fournir une intensité lumineuse de 1 watt / litre, ceci afin de pouvoir maintenir l’ensemble des plantes disponibles dans le commerce.

Mais dans ce cas, il ne faut pas oublier que les autres paramètres doivent « suivre » ! Fertilisation, CO² et brassage doivent être au top ! Sinon, et si l’on pense ne pas maîtriser assez ces autres paramètres, il vaut mieux être raisonnable en se contentant de plantes moins gourmandes en lumière, et en choisissant une intensité lumineuse de 1 watt / 2 litres.

D’autre part, la répartition spectrale va avoir un rôle important dans l’apport lumineux : il ne sert en effet à rien de fournir aux plantes de la lumière inadaptée, ceci va favoriser les algues qui ont un bien plus grand pouvoir d’adaptation aux conditions lumineuses fournies…

Le but est de favoriser principalement la photosynthèse des plantes, mais aussi un certain nombre d’autres phénomènes nécessitant de la lumière. Il faut donc choisir des lampes ayant à la fois les pics spectraux favorable à la photosynthèse (480 nm et 650 nm), et un spectre le plus complet possible.

=> Schéma de la répartition spectrale des plantes et de la lumière du soleil :

Au niveau de la durée d’éclairage, l’idéal est encore une fois de reproduire les conditions naturelles, et donc de choisir une durée moyenne de 12 heures. Néanmoins, cette durée peut-être diminuée à 10 heures, dans les cas de très fort éclairage (1 w/l et plus).

Une mauvaise idée est de penser qu’un allongement de la durée d’éclairage pourrait compenser un éclairage trop faible : il n’en est rien. En réalité, cela ne sert à rien d’éclairer 15 heures, seules les algues en profiteront (le niveau d’assimilation des plantes, à partir d’une certaine durée d’éclairage, ne va plus augmenter).


2.2 - Les paramètres physico-chimiques de l’eau

Les plantes, que l’on utilise habituellement pour la réalisation de nos bacs plantés, vivent à l’état naturel dans des cours d’eau douce tropicaux. Elles préfèrent donc en majorité vivre dans une eau « assez douce », c’est-à-dire ayant un KH qui se situe entre 4° et 10°.

Il y a bien sûr des exceptions, mais le plus souvent les plantes « d’eau dure » s’habituent à une eau plus douce (par exemple : les Vallisneria, dont le lieu de vie naturel est les grands lacs africains, vont préférer une eau assez dure mais poussent relativement bien en eau douce).

Au niveau du pH, l’optimum pour la maintenance des plantes dans un bac planté va se situer entre 6,0 < pH < 7,5, avec une valeur « idéale » admise de pH = 6,8. Sachant que le pH est lié à la dureté carbonatée et au taux de CO2, il est assez simple de maintenir ce pH dans nos bacs grâce à une injection régulée de CO2.

La composition minérale de l’eau va jouer un rôle déterminant dans le cycle de vie des plantes. En effet, les plantes puisant leurs nutriments dans l’eau (et le sol), il est important que l’eau du bac contienne tous les minéraux, oligo-éléments et macro-nutriments nécessaires à la croissance des végétaux.

Ces minéraux indispensables seront apportés par le renouvellement partiel (et régulier) de l’eau du bac, et aussi par une la fertilisation liquide (qui devra être la plus continue possible).

=> Les besoins essentiels d’une plante sont répartis en trois groupes par ordre d’importance et d’assimilation :
- Air - Eau => eau, gaz carbonique, oxygène.
- Macro-éléments => azote, potassium, calcium, magnésium, phosphore, soufre.
- Oligo-éléments => fer, manganèse, cuivre, bore, zinc, molybdène, chlore.


2.3 - La température de l’eau

Chaque plante a une certaine plage de tolérance au niveau température, ainsi qu’une température préférentielle pour sa croissance… Mais on peut dire sans se tromper, que la majorité des plantes vont très bien pousser à une température moyenne de 24-26°C.

Les plantes vont accepter temporairement des températures plus élevées (jusqu’à 30-32°C), mais finiront pas montrer des signes de faiblesse assez rapidement si le thermomètre monte trop haut (et les poissons aussi d’ailleurs…). Il faut savoir que les plantes vont plus facilement supporter des températures élevées, si elles ont à leur disposition une grande quantité de lumière disponible.

Il faut aussi penser à la population de poissons, qui a aussi des préférences en terme de température de l’eau du bac. Il va falloir faire un choix, et plusieurs options s’offrent à nous :

- Vous préférez donner la priorité à vos plantes, donc vous allez choisir vos poissons en fonction de la température que vous allez leur imposer, c’est-à-dire 25°C. Il y a beaucoup de poissons qui trouveront cette température parfaite, il y a donc assez peu de contraintes à choisir cette température pour votre bac.

- Vous préférez donner la priorité à vos poissons, et vous allez donc choisir vos végétaux en fonction de leurs aptitudes à vivre à une température parfois « extrême ». Ainsi, vous voulez maintenir un banc de Discus, qui nécessitent une eau à 28-30°C. Vous allez donc choisir des plantes vivant naturellement à cette température, ou du moins, la supportant sans problème (comme par exemple les Anubias barteri).

Il ne faut pas oublier qu’il existe dans la nature, une légère différence de température de l’eau entre le jour et la nuit (entre 1 et 3°C selon les régions). L’idéal est de reproduire ce cycle dans votre bac, mais ce n’est pas indispensable, la majorité des végétaux s’adaptant à une température stable 24h/24. Pour reproduire ce cycle naturel, il suffit de disposer de 2 résistances chauffantes, une fonctionnant le jour à 25°C et une fonctionnant la nuit à 23°C par exemple (solution facile à mettre en place à l’aide de programmateurs ménagers).

A noter qu’il existe aussi une variation saisonnière de la température de l’eau dans la nature, ce cycle permettant le repos végétatif de certains types de plantes (par exemple le genre Aponogeton). Mais cela devient très complexe à reproduire et d’un intérêt limité pour ce que l’on recherche à faire.


2.4 - L’apport en dioxyde de carbone (ou gaz carbonique ou CO2)

Une bonne majorité de plantes apprécient d’avoir un taux de CO2 assez élevé, tout du moins un taux plus élevé qu’il ne l’est « naturellement » dans l’aquarium. Ceci est d’autant plus vrai que, dans le cas de plantations très denses, la demande globale en CO2 est forcément plus importante.

Il faut savoir que le taux de CO2 va très vite être le facteur « limitant » du bac vis-à-vis de la croissance végétale, notamment dans le cas des bacs bien éclairés et bien fertilisés. Dans la majorité des « bacs plantés » tels qu’on cherche à le réaliser (une plantation très dense avec des plantes rouges et/ou des plantes gazonnantes), il est assez utopique de penser y arriver sans un apport de CO2… Ceci étant dit, dans le cas de bacs peu ou moyennement plantés, avec une population en poissons assez grande et un brassage de surface réduit au minimum, on peut bien entendu se passer de l’injection de CO2.

Le taux optimum de CO2 dans le bac va se situer entre 15 et 35 mg/l. Dans cette fourchette de valeurs, les plantes vont parfaitement pousser, sans que cela soit dangereux pour les poissons (le CO2 à haute concentration est en effet toxique pour les animaux), et en cas de KH faible, il y a des risques d’acidose dans le bac. Comme vu dans le chapitre « matériel », la relation entre le KH, le pH et le taux de CO2 permet de connaître assez précisément le taux de CO2 du bac.


2.5 - La fertilisation

2.5.1 - Généralités

Le but de la fertilisation est d’apporter aux végétaux présents dans l’aquarium, l’ensemble des nutriments nécessaires à leur croissance. Les plantes ont besoin pour vivre d’un ensemble de minéraux, d’oligo-éléments et de macro-nutriments assez important, ayant chacun un rôle déterminant dans la vie végétale.


2.5.1.1 - Les nutriments nécessaires :

- Macro-éléments : Azote (N) : NO3- (nitrate), NH4+ (ammonium) / Potassium (K) : K+ / Calcium (Ca) : Ca++ / Magnésium (Mg) : Mg++ / Phosphore (P) : H2PO4-, HPO4 (orthophosphates) / Soufre (S) : SO4 (sulfate).

- Oligo-éléments : Fer (Fe) : Fe+++, Fe++ / Manganèse (Mn) : Mn++ / Cuivre (Cu) : Cu++, Cu+ / Bore (B) : BO3---, B4O7 (borates) / Zinc (Zn) : Zn++ / Molybdène (Mo) : MoO4++ (molybdate) / Chlore (Cl) : Cl-.

Les plantes ont plusieurs modes de nutrition : elles peuvent s’alimenter par les racines, les tiges et les feuilles. Il existe différents types de plantes, qui ne vont pas se nourrir de la même façon. Ainsi, certaines plantes exclusivement « aquatiques » ne vont se pourvoir en nutriments que par les tiges et les feuilles (Ceratophyllum sp., Egeria sp.…).

Par contre, les plantes « palustres » vont se nourrir à la fois par les racines, les tiges et les feuilles, mais avec une grande préférence pour la nutrition racinaire pour les plantes des genres Cryptocoryne, Echinodorus, Aponogeton

Il convient donc d’apporter les nutriments par toutes les voies d’absorption possibles, sans en oublier aucune, afin de satisfaire la variété de plantes présentes dans le bac, qu’elles soient palustres ou aquatiques. Il y a donc plusieurs moyens complémentaires de fertiliser un aquarium : la création d’un sol nutritif, que l’on va compléter par une fertilisation liquide (ajoutée à l’eau du bac).

Dans l’espace clos d’un aquarium, il va être impératif de compléter les éléments qui ne sont pas « naturellement » assez présents dans le bac. Il faut savoir que, comme le dit la « loi de Liebig », si un des éléments vient à manquer, cela va bloquer la croissance de la plante : on parle alors de facteur limitant. Et cela même si tous les autres nutriments sont présents en quantités suffisantes.


2.5.1.2 - La loi de Liebig :

Le « mieux est l’ennemi du bien » : les excès sont tout aussi graves (voire pires) que les carences. Un excès d’un nutriment dans l’eau va en effet entraîner le blocage de son assimilation par les plantes, voire même celui d’un autre nutriment. Il faut donc être très vigilant lorsque l’on fertilise un bac planté et tâcher d’agir avec rigueur et modération.

De plus, l’observation des plantes « au quotidien » est très important, car cela permet de voir si la fertilisation est adaptée ou non. On voit en effet très rapidement si les plantes montrent des signes de « faiblesses » (taches, nécroses, décolorations…) ou bien si, au contraire, elles poussent parfaitement (croissance vigoureuse, couleurs éclatantes, « bullage »…).


2.5.1.3 - Excès ou carences, réactions en chaîne :

- Excès d’ammoniac / ammonium = carence en potassium, en fer.
- Excès de potassium = carence en calcium, en magnésium ou en fer.
- Excès de soufre = carence en molybdène.
- Excès de fer = carence en manganèse.
- Excès de cuivre = carence en fer.


2.5.2 - Le substrat

Le sol doit avoir à la fois un rôle nourricier pour certaines plantes, et un rôle d’accrochage pour d’autres. Il doit donc être léger et poreux, afin de ne pas étouffer les racines. Il doit aussi permettre une très légère circulation de l’eau, afin de favoriser la croissance des bactéries aérobies du sol et la nutrition des racines. Cela permet ainsi d’éviter les phénomènes de fermentation du sol (par des bactéries anaérobies).

Enfin, il doit contenir l’ensemble des nutriments indispensables à la croissance des plantes présentes dans le bac.

Il existe de très nombreuses solutions pour créer un sol apte à favoriser la croissance végétale. Voici les solutions les plus couramment employées, avec un petit descriptif pour chacune d’elle :


2.5.2.1 - Sable seul

C’est la solution la moins onéreuse, et aussi la plus simple à mettre en œuvre. Cela consiste en effet à disposer un sol composé exclusivement de sable, sans rien ajouter d’autre. Le substrat doit dans ce cas pouvoir s’enrichir seul (grâce aux déchets végétaux et aux déjections de poissons), ce qui demande du temps.

Il faut choisir des sables d’assez petite granulométrie (de 1 à 5 mm maximum), pour favoriser la mise en place des racines. L’idéal est de mélanger plusieurs sables de granulométrie différentes, ce qui évite un colmatage trop rapide.

A noter que malgré l’ajout de compléments fertilisants (boulettes d’argile ou de latérite) aux pieds des plantes les plus gourmandes, ce sol risque de vite s’épuiser en cas de végétation de type « palustre » très dense.


2.5.2.2 - Sols terreux

Le but est de recréer un sol « naturel ». On va donc essayer de reproduire le « complexe argilo-humique », à l’aide d’un mélange de véritable terre de bruyère, additionnée d’argile verte et de sable. Il semble que la recette fonctionnant le mieux soit la suivante : 60% de terre de bruyère + 20% d’argile + 20% de sable. Il faut bien tasser votre mélange afin d’éviter la formation de poches de gaz, qui conduiraient à des phénomènes de fermentation du sol (l’adjonction de charbon actif peut permettre de diminuer ces risques).

A noter que l’on peut avantageusement remplacer le sable par de la pouzzolane, matériau bien plus poreux, qui va permettre de garder un sol plus aéré, et éviter un colmatage trop rapide de cette sous-couche nutritive.

De plus, il faut savoir que l’argile verte a un léger impact sur la dureté de l’eau (tendance à durcir l’eau du bac). On peut remplacer l’argile verte de la recette par de l’argile blanche ou rose, qui vont plutôt acidifier l’eau.

Il faut bien entendu recouvrir ce sol avec une couche de quelques centimètres de sable, idéalement en plaçant entre les deux couches une moustiquaire afin d’éviter le plus possible les remontées de substrat nutritif.

Avec un sol terreux, la majeure partie des nutriments provient donc du sol, et certains aquariophiles adoptants cette solution se passent totalement de fertilisation liquide. Certainement la solution ayant le meilleur rapport qualité/prix, car très économique et efficace.

Réalisation d’un sol terreux en détails

Sol terreux en cours de fabrication (Photo Mellonman)


2.5.2.3 - Sable + Latérite + cordon chauffant

Il s’agit de créer une sous-couche nutritive « renouvelable » à l’aide de sable mélangé à de la latérite (une roche argileuse riche en fer), auquel on va adjoindre un cordon chauffant. On va ensuite placer une couche de sable par-dessus, pour finir le sol.

Cela va créer une réserve nutritive dans le sol (la latérite a un grand pouvoir de fixation de nutriments). Afin que cette réserve ne s’épuise pas, on utilise un cordon chauffant. Il va permettre, grâce à la micro circulation de l’eau qu’il crée dans le sol, de renouveler les nutriments présents. Et aussi d’éviter que ne s’accumulent dans le substrat des « toxines » sécrétées par les racines de certaines plantes, ce qui pourraient ralentir la croissance des autres plantes.

Pour que cette solution fonctionne bien, il faut que l’eau contienne suffisamment de nutriments, la fertilisation liquide aura ici une grande importance.

Installation d’un câble chauffant en détails


2.5.2.4 - Sols nutritifs complets (Déponit-Mix de Dennerle, Aquabasis de JBL…)

Il existe dans le commerce des sols nutritifs complets, c’est-à-dire à placer directement dans le bac, avec une couche de sable par-dessus. Ils sont déjà chargés en nutriments, il n’y a rien à rajouter. Il s’agit le plus souvent de sable auquel ont été ajoutés des engrais.

On y retrouve aussi des matériaux stockant les nutriments (argiles ou latérite) et il y est parfois adjoint une petite part d’humus (sous forme de tourbe le plus souvent). Ils vont donc fonctionner à la manière des sols vus précédemment. A noter que l’on peut rajouter un cordon chauffant à ce type de sol, afin d’éviter de l’épuiser trop rapidement.

Ce type de sol marche très bien et à l’avantage de la simplicité de mise en œuvre et d’utilisation. Mais ce n’est bien entendu pas la solution la moins chère !


2.5.2.5 - Sols nutritifs « tout prêts » particuliers (Florabase de RedSea, Aquasoil d’ADA…)

Ce sont des sols nutritifs complets eux aussi, mais ils possèdent des particularités « chimiques ». Ils ont en effet la faculté de diminuer la dureté de l’eau, et ont un pouvoir tampon sur le pH de l’eau du bac. Ils sont très chargés en nutriments, et ils ont de plus, une grande faculté de stockage des minéraux (d’où la baisse de la dureté de l’eau du bac). On pense qu’il s’agit de roches volcaniques ayant subi un traitement spécifique, leur conférant ces propriétés particulières.

De plus, ces sols sont à utiliser sans mettre de sur-couche de sable. De part leurs facultés, ces sols modifient quelque peu les habitudes des aquariophiles : gros changements d’eau durant les premières semaines d’utilisation, impossibilité de connaître le taux de CO2 par la relation pH/KH/CO2… Mais les résultats obtenus avec ce type de sol sont réellement probants !

C’est un type de substrat fonctionnant très bien, mais qui demande une certaine expérience. Ils sont assez chers à l’achat, mais les résultats sont à la hauteur.

En conclusion, nous pouvons dire qu’il n’existe pas de sol idéal, juste différents choix possibles avec chacun des avantages et des inconvénients… A vous de choisir selon vos moyens et le type de bac que vous voulez mettre en place, la solution qui vous paraît la meilleure.


2.5.3 - La fertilisation liquide

Comme nous l’avons vu précédemment, il va donc falloir ajouter régulièrement un produit fertilisant à l’eau du bac. La fertilisation liquide va apporter aux plantes les éléments dissout dont elles ont besoin. Mais ceux-ci vont vite être utilisés par les plantes, ou ne plus être disponibles suite à certaines réactions chimiques (oxydations, précipitations…).

Il convient donc que la fertilisation liquide soit la plus régulière et la plus fréquente possible. Si on le peut, l’idéal est de faire une fertilisation en continu grâce à une pompe doseuse. Mais déjà en fertilisant une fois par jour, on obtient des résultats tout à fait satisfaisants (dans le cas d’engrais dont la préconisation est hebdomadaire, il suffit de diviser la dose par 7 pour en mettre tous les jours).

On distingue plusieurs catégories d’éléments à introduire dans le bac :

- Les éléments traces : ce sont des composés qui ne sont utilisés qu’en infime quantité par les plantes, mais qui sont très fragiles. Bien souvent, l’alimentation et les déchets du métabolisme des poissons suffisent à fournir ces éléments.

- Les oligo-éléments : ce sont des composés qui sont utilisés en petite quantité par les plantes, qui sont souvent assez fragiles. Le principal composé de ce type à surveiller est le fer. Idéalement, ils doivent être ajoutés tous les jours.

- Les macro-nutriments : ce sont les composés utilisés en plus grande quantité par les plantes. Ils sont assez résistants, et peuvent donc n’être ajoutés qu’hebdomadairement.


2.5.3.1 - Les taux à atteindre pour chaque nutriment

- Les taux suivants sont généralement recommandés : NO3 : 5-10 ppm / PO4 : 0,5-1 ppm / K : 20 ppm / Fe : 0.05 - 0.1 ppm

Pour les oligo-éléments (et dans le cas d’utilisation d’engrais complets et équilibrés), la solution la plus simple, pour adapter ses doses d’engrais aux besoins réels du bac, va être de suivre le taux de fer dans l’aquarium. Les autres oligo-éléments vont ainsi être mis « proportionnellement » à la bonne dose. Grâce aux tests disponibles dans le commerce aquariophile, il faut adapter les quantités introduites dans le bac afin de maintenir un taux de Fer compris entre 0,05 et 0,1 mg/l.

Pour doser les macro-nutriments, là aussi, un suivi, grâce à des tests, est possible et souhaitable. Il suffit également de viser le taux idéal de chacun des macro-nutriments et d’ajuster votre fertilisation en conséquence. Le but est de maintenir un rapport de 1 pour 10 entre les taux de NO3 et de PO4, ceci afin d’éviter l’apparation d’algues.

Des outils, disponibles sur internet, vous permettent de calculer facilement les doses nécessaires. A noter que si la plantation est faible (ou moyenne) et la population de poissons relativement importante, il est rare que les nitrates ou les phosphates viennent à manquer. Mais cela est habituel dans des bacs très plantés, où l’ajout de nitrates par exemple est extrêmement courant.


2.5.3.2 - « Fertilisants » du commerce aquariophile

Nous allons essayer de vous présenter les différents fertilisants que vous pouvez utiliser afin d’amender votre aquarium planté. Néanmoins, il nous est impossible de tous les présenter ici, c’est pourquoi nous les avons regroupés par catégories, pour lesquelles nous allons essayer de faire un résumé sur la façon de les utiliser.

Il s’agit de solutions fertilisantes complètes, dont les dosages en oligo-éléments sont adaptés à l’utilisation en aquarium. Ils ne portent pas le nom d’engrais mais celui de fertilisants, car ils ne contiennent pas de Nitrates et pas de Phosphates (il va donc falloir en rajouter à part si nécessaire).

L’avantage de ces fertilisants est leur facilité d’utilisation. Les dosages sont le plus souvent indiqués par le fabricant, il suffit ensuite de légèrement les adapter pour son bac, selon les besoins des plantes.

Les fabricants proposent désormais des gammes de fertilisants avec une déclinaison de produits : un « fertilisant de fond » (hebdomadaire) qui contient les éléments les plus stables, et un « fertilisant journalier » contenant les éléments les plus fragiles. Ils reviennent le plus souvent cher à l’usage, mais sont très simple à utiliser et de bonne qualité.

- Quelques exemples de fertilisants « reconnus » : DuplaFert (Dupla) / Flourish (Seachem) / Aquacare (Tropica) / Ferropol (JBL) / …


2.5.3.3 - Anti-chlorose et engrais pour plantes vertes

Dans le but de réaliser des économies, des aquariophiles ont mis ont point des solutions de fertilisation à base de produits « anti-chlorose » vendus pour les plantes vertes d’appartement. A l’instar des fertilisants décrits plus haut, ce sont des mélanges d’oligo-éléments, qui conviennent bien à l’utilisation en bac planté. Ils peuvent donc être dosés et utilisés de la même façon.

Par contre, il est rare qu’un seul produit suffise à apporter l’ensemble des oligo-éléments nécessaires et il faut le plus souvent en mélanger deux (cela rend le dosage quelque peu compliqué, mais il existe sur Internet des recettes qui ont fait leurs preuves).

Certains aquariophiles utilisent même des engrais pour plantes vertes, c’est-à-dire des produits contenant des N/P/K additionnés d’oligo-éléments. L’inconvénient est que l’on ne peut pas doser séparément les oligo-éléments et les macro-nutriments, ce qui rend l’utilisation de ce type de produits assez délicate car peu adaptable.

C’est la fertilisation la plus économique, qui fonctionne très bien pour peu que l’on trouve la recette adéquate. Les mélanges à faire et les dosages sont désormais bien diffusés sur Internet, ce qui rend cette solution très attrayante. Attention toutefois aux risques de surdosages, ces produits étant beaucoup plus concentrés que les fertilisants classiques !

- Quelques exemples de produits utilisés : Algoflash « Soin reverdissant anti-chlorose » / Pokon « Soin reverdissant » / Algoflash « Soin régénérateur aux oligo-éléments » (uniquement celui avec N.P.K = 2.1.2) / …


2.5.3.4 - La méthode « PMDD »

La méthode PMDD (pour "Poor Man’s Dupla Drop" => engrais Dupla du pauvre) nous vient du travail de personnes qui ont voulu créer un engrais à la fois complet, efficace et peu cher. Ils ont réussi à élaborer une recette assez facile à réaliser, à l’aide de produits disponibles en pharmacie (seul le mélange d’oligo-éléments est délicat à trouver, mais on peut en acheter en VPC sur Internet).

Cet engrais à l’avantage de contenir des oligo-éléments et des macro-nutriments, mais surtout de pouvoir les doser séparément si nécessaire. Par contre, cela rend l’utilisation plus complexe, demande plus de suivi et une certaine expérience.

C’est la solution de fertilisation la plus adaptable, efficace et pas trop chère. Mais ce n’est pas la plus simple à utiliser, car elle demande quelques ajustements au début. En outre, il faut apporter le plus grand soin à la préparation du mélange de la recette.

- La recette du PMDD est la suivante :

  • 9 g d’un mélange d’oligo-éléments chélatés (7% Fe, 1,3% B, 2% Mn, 0,06% Mo, 0,4% Zn, 0,1% Cu, EDTA, DTPA)
  • 14 g de K2SO4 (sulfate de potassium)
  • 6 g de KNO3 (nitrate de potassium)
  • 33 g de MgSO4.7H2O (sulfate de magnésium hydraté)
  • 300 ml d’eau distillée
  • 0,5 ml 9M HCl (optionnel)


2.5.4 - Les changements d’eau

Les renouvellements partiels de l’eau d’un bac planté ont une importance capitale. Ils vont en effet avoir plusieurs effets positifs sur la croissance végétale :

- Ils vont permettent d’aspirer les déchets accumulés dans les zones peu brassées, évitant ainsi toute pollution de l’eau du bac.

- Ils vont empêcher les possibles accumulations de nutriments, qui finiraient par bloquer la croissance végétale (l’excès étant pire que la carence).

- Ils vont apporter certains minéraux indispensables aux plantes.

- Ils vont ainsi favoriser la croissance végétale au détriment de la croissance des algues. Il a en effet été constaté par de nombreux aquariophiles que les changements d’eau diminuent les risques d’apparition des algues.

Ils devront être réguliers et assez importants : au minimum 15 à 20% du volume du bac par semaine, vous pouvez renouveler jusqu’à 35% du volume sans problème, bien au contraire. Par contre, il faut éviter d’aller au-delà (ou pas en une seule fois tout du moins), pour éviter de déstabiliser le milieu aquatique.

Il faut utiliser une eau ayant les mêmes paramètres que l’eau déjà présente dans le bac (dureté et température), et contenant le moins possible de Nitrates et de Phosphates (sauf dans le cas de bacs très plantés qui demandent que l’on rajoute ces macro-nutriments, mais c’est un cas assez particulier).

Si votre eau du robinet a les qualités requises, vous pouvez l’utiliser. Sinon, il faut prévoir l’achat d’un osmoseur afin de pouvoir préparer une eau aux paramètres adéquats, en mélangeant de l’eau du robinet et de l’eau osmosée. Enfin, pour être tout à fait sûr de ce que l’on introduit dans le bac (l’eau du robinet contient parfois des éléments indésirables…), il est possible de préparer son eau avec de l’eau osmosée reminéralisée avec des sels spécifiques (il existe des sels « tout prêts » dans le commerce aquariophile).


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